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Réformez les pensions sinon vous serez jugés coupables de négligence
14·07·22

Réformez les pensions sinon vous serez jugés coupables de négligence

Isolde Van den Eynde est journaliste politique au quotidien Het Laatste Nieuws.

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

Photo by Clay Banks on Unsplash

Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

On se croirait un peu dans Un jour sans fin : chaque année, au début du mois de juillet, le Comité d’étude sur le vieillissement sort ses prévisions, qui ne suscitent guère d’espoir. Chaque année, ces grands experts nous avertissent : nos pensions coûtent de plus en plus cher. D’ici 28 ans, il faudra consacrer un euro sur sept au paiement des pensions, tandis que d’autres dépenses sociales augmenteront également. Et chaque année, une fois le rapport publié, que se passe-t-il, généralement ? On boit un petit verre, on va se soulager la vessie, et rien ne change. Une politique de l’autruche qui laisse un goût amer.

Bien sûr, les socialistes et les verts pourront bientôt faire campagne contre le PTB/PVDA en disant que sous leurs auspices, la pauvreté des personnes âgées a diminué grâce à l’augmentation de la pension minimum. Bien entendu, on souhaite à tout le monde de passer ses vieux jours sans soucis. Et bien entendu, il faut sortir nos aînés de la pauvreté. Le problème, c’est qu’on ne peut pas atteindre ce noble objectif sans réaliser d’efforts. Il est illusoire de s’imaginer que nous pourrons continuer sur la même lancée tout en augmentant le montant des pensions. Sans les réformes qui s’imposent, il y aura soit moins d’argent pour chacun, ce qui revient à dire que nos politiques appauvrissent dès aujourd’hui toute une génération, soit il y aura moins d’argent pour d’autres politiques, à une période où les défis sont légion, notamment en matière de réchauffement climatique. Est-ce solidaire ? Est-ce social ?

« Il est illusoire de s’imaginer que nous pourrons continuer sur la même lancée tout en augmentant le montant des pensions. »

Notre ministre des Pensions, Karine Lalieux (PS), doit arrêter de faire croire aux Belges que le coût élevé de ses mesures sera compensé par une augmentation du taux d’emploi dans le pays. Personne ne croit ses belles paroles, à moins d’engager les réformes nécessaires sur le marché du travail. Et le Comité d’étude sur le vieillissement l’a écrit ce mardi, noir sur blanc : d’ici 2030, le taux d’activité en Belgique ne sera pas de 80 % mais de 74,6 % seulement. Pierre-Yves Dermagne est busé sur toute la ligne. Le pragmatique vice-premier ministre PS, chargé de remettre la Belgique au travail, a encore beaucoup de pain sur la planche avant que sa collègue des pensions puisse commencer à rêver.

Pension : quand les politiques prennent le citoyen pour un con

Pendant ce temps, au CD&V et chez les libéraux, on soupire. Il est toutefois permis de se demander pourquoi ces partis n’ont pas tapé plus fort sur le clou dans le gouvernement Michel. Le MR a beau appeler aujourd’hui à des réformes en profondeur, c’est de ses rangs qu’était sorti le ministre des Pensions de l’exécutif précédent, alors que le PS et Ecolo/Groen siégeaient dans l’opposition. À propos de ces partis, on commence à se demander en quoi, dans ce dossier, ils diffèrent encore du PTB. Leurs slogans creux ne mettront pas fin au vieillissement de la population.

« Leurs slogans creux ne mettront pas fin au vieillissement de la population. »

Auront-ils le courage de faire ce qu’il faut et de le dire franchement à la population ? Oseront-ils penser à long terme ? Les politiques sont au courant des pronostics. Depuis 21 ans, déjà. Le très diplomatique président du Comité d’étude sur le vieillissement continue de le répéter poliment, après toutes ces années, dans nos colonnes : réformez ! Nous allons le dire autrement : si vous ne réformez pas, vous serez jugés coupables de négligence.

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