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PostNL : « une forme d’esclavage moderne »
31·03·22

PostNL : « une forme d’esclavage moderne »

Guido Cloostermans est journaliste pour le quotidien Het Belang van Limburg.

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

Photo by Claudio Schwarz on Unsplash

Auteur⸱e
Anne Balbo
Traductrice Anne Balbo

Nous l’accueillons avec le même plaisir renouvelé : « notre » coursier de PostNL, toujours porteur de bonnes nouvelles ou d’un colis tant attendu. Le sourire aux lèvres et d’humeur affable, il nous adresse quelques mots tout en sortant notre colis de sa camionnette.

Cette semaine, il y a fort à parier que notre coursier ne sera pas en mesure de livrer l’ensemble des colis prévus au programme. La police fédérale et l’inspection sociale ont en effet envahi ce lundi les dépôts de PostNL à Willebroek, Wommelgem et Turnhout. Deux d’entre eux ont été placés sous scellés et des milliers de colis bloqués. Neuf personnes ont aussi été interpellées. Les accusations portées à leur encontre sont graves : organisation criminelle, faux en écriture, trafic d’êtres humains et mise à disposition interdite, autrement dit, louage de main-d’œuvre.

Ce n’est pas la première fois que les autorités judiciaires et l’inspection sociale effectuent une descente dans les dépôts de PostNL. En novembre dernier, elles avaient déjà constaté du travail non déclaré et des infractions au régime de travail à temps partiel dans les dépôts de Wommelgem et de Malines. Pire encore, le travail des enfants avait même été évoqué. Le sourire de notre coursier ferait-il donc figure d’image d’Épinal ?

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Reste à déterminer si les chefs d’accusation invoqués sont fondés. Toutefois, l’exploitation qui se cache derrière la livraison gratuite à domicile ne fait aucun doute. En septembre 2021, PostNL avait été condamnée par le tribunal correctionnel de Malines au paiement d’une amende pour l’utilisation de main-d’œuvre illégale par l’intermédiaire d’un sous-traitant. Les syndicats avaient alors parlé d’une « forme d’esclavage moderne ».

« Facturons un supplément aux clients qui veulent recevoir leur colis dans les 24 heures et traitons décemment les chauffeurs et les magasiniers. » 

Dans un rapport de l’Union Belge des Transports (UBT) sur les « pratiques abusives de PostNL, GLS et DPD », le système des sous-traitants a été pointé du doigt, un moyen pour les sociétés de livraison de colis – et donc l’UBT – de se dédouaner de toute responsabilité et de presser les chauffeurs jusqu’à la dernière goutte. La situation ne va pas s’améliorer dans l’immédiat, les transporteurs étant en effet soumis à une pression extrême en raison de la hausse des coûts de l’énergie et du carburant.

Il nous arrive à tous d’acheter de temps à autre des articles en ligne. Les sites internet usent de promesses toutes plus séduisantes les unes que les autres, telles que « passez votre commande avant 23 h 59 et recevez votre colis le lendemain ». Un service irréprochable certes, mais en sommes-nous réellement demandeurs ? Une livraison dans la semaine n’est-elle pas envisageable ? Facturons un supplément aux clients qui veulent recevoir leur colis dans les 24 heures et traitons décemment les chauffeurs et les magasiniers.

La ministre de la Fonction publique Petra De Sutter (Groen) a répété hier qu’un avant-projet visant à mettre fin aux pratiques de cow-boy dans le secteur avait été préparé. Il était plus que temps…

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