Mobilité à Bruxelles : la lumière au bout du tunnel ?

6 juillet 2018 | Auteur : | Traducteur : Herve Voglaire Sanchez | Temps de lecture : 2 minutes

Navrant constat. La mobilité bruxelloise est si tributaire de ses tunnels qu’une rénovation en profondeur, fermeture comprise, s’avère tout bonnement impossible. C’est du moins la pensée qui a longtemps prévalu.

Au cours de la précédente législature, le gouvernement bruxellois s’était déjà penché sur la question du tunnel Léopold II. En effet, celui-ci ne répond pas aux normes de sécurité européennes. Un incendie ou une collision en chaîne dans ce tunnel kilométrique serait immédiatement synonyme de catastrophe, causant d’innombrables dégâts tant sur le plan humain que matériel.

Brigitte Grouwels (CD&V), ministre des Travaux publics à l’époque, craignait néanmoins qu’une fermeture n’entraîne une asphyxie du trafic suivie d’une débâcle électorale. Ainsi, la rénovation a été reportée à l’après élection.

« Bruxelles fait la part belle aux voitures. Conséquence de l’Expo 58 et des golden sixties. Cette réalité ne changera pas du jour au lendemain. »

Aujourd’hui, s’il y a bien des choses à dire au sujet de son successeur, Pascal Smet (SP.A), on ne peut reprocher à ce dernier d’avoir manqué de courage dans ce dossier. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la rénovation ô combien nécessaire est en cours. Et quid de l’asphyxie tant redoutée ? Aux dernières nouvelles, il semblerait qu’elle ne soit pas de la partie.

Dans le même temps, les propos concernant la mobilité à Bruxelles vont bon train. La capitale fait la part belle aux voitures. Conséquence de l’Expo 58 et des golden sixties. Et cette réalité ne changera pas du jour au lendemain. Un revirement radical ne tombera pas du ciel.

Reste que la rénovation du tunnel démontre que des alternatives sont bel et bien possibles. Espérons maintenant que les navetteurs et les Bruxellois se tournent vers elles et franchissent le pas vers le vélo, les transports en commun ou le télétravail.

En fin de compte, nos vies sont toutes régies par des habitudes précises, saupoudrées d’un zeste de paresse. Ces travaux permettront peut-être aux navetteurs et aux Bruxellois de prendre conscience que la voiture peut parfois rester au garage.

Si nous dressons le bilan du gouvernement d’ici une petite année, sans doute n’observerons-nous que peu de changements en ce qui concerne la mobilité. Et nous constaterons que des sommes colossales ont été allouées à la mobilité automobile. La rénovation des tunnels aura coûté autant d’argent et d’énergie qu’une piste cyclable flambant neuve.

C’est regrettable et contraire au principe « STOP » (ndlr : acronyme de Stappen, Trappen, Openbaar vervoer en Privévervoer), lequel encourage un transfert modal : priorité aux piétons, aux cyclistes, aux transports en commun et, en queue de peloton, aux voitures privées.

Mais d’un autre côté, la prochaine législature offre l’opportunité de se mobiliser réellement en faveur d’une ville sans voitures. Cette fois-ci, la rénovation du tunnel n’a pu être remise aux calendes grecques.

Le débat est maintenant ouvert : comment réduire le trafic de cinq à dix pour cent à Bruxelles ? Il s’agirait là d’un bon début. Pourvu que les élections régionales à venir se focalisent sur cet objectif.

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BRUZZ

Traducteur : Herve Voglaire Sanchez
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Date de publication : 04/07/2018
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