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L’accord flamand, une évolution qui respecte la démocratie

(c) Fabien Van Eeckhout

1 octobre 2019

L’accord flamand, une évolution qui respecte la démocratie

Temps de lecture: 2 minutes
Auteur
Traducteur Sebastien Cano

Pour la deuxième fois en cinq ans, les présidents de parti Bart De Wever (N-VA), Wouter Beke (CD&V) et Gwendolyn Rutten (Open VLD) ont composé le nouveau gouvernement flamand. Par rapport au dernier, on observe nombre de similitudes, mais surtout deux différences notables.

La première, ce sont les murs que le gouvernement flamand a bâtis autour du système flamand de protection sociale. En ce sens, le choc des élections du 26 mai — dont le Vlaams Belang est sorti grand vainqueur, contre toute attente — se fait encore sentir dans cet accord de coalition. Il ne pourrait en être autrement dans une vraie démocratie, que l’on soit satisfait ou non des résultats de l’élection.

Une évolution, pas une révolution

Ainsi, toute personne ne vivant pas en Flandre depuis dix ans ne pourra prétendre à un logement social. Les cours de néerlandais et d’intégration devront être réglés par les personnes concernées ; montant : 360 euros. Cela peut sembler sans pitié, mais il s’agit plutôt d’une évolution que d’une révolution. Il faut d’ores et déjà résider en Flandre depuis quelques années pour bénéficier d’un logement ou des prestations sociales. Les délais sont désormais considérablement allongés. Mais ils ne s’appliquent pas aux allocations familiales. Et la situation ne changera pas.

Le futur ministre-président, Jan Jambon (N-VA,) a affirmé qu’en échange d’un ticket d’entrée plus cher, les nouveaux venus auront toutes les chances de faire partie de la société. Cette notion d’une citoyenneté ayant plus de valeur est une bonne chose : elle montre que l’accord de gouvernement a résisté au déferlement des idées du Vlaams Belang. Mais le gouvernement flamand devra se montrer à la hauteur. Si les devoirs sont accrus, le gouvernement devra aussi tenir certaines promesses concernant les droits. En ce sens, il serait bon que le gouvernement flamand continue de lutter contre le racisme de manière rigoureuse : la fin de la coopération avec Unia est une décision étrange.

Le gouvernement Jambon relève le seuil de la citoyenneté ainsi que la barre que les citoyens doivent franchir. Il devra donc être capable de sauter assez haut.

Deuxième fil rouge de l’accord de gouvernement : mettre la barre plus haut. Les étudiants ne pourront plus doubler ou étaler leurs cours à l’infini. Quiconque se retrouve au chômage depuis deux ans devra faire des travaux d’intérêt communautaire comme tremplin vers l’emploi. L’attractivité des postes d’enseignants doit être renforcée en attirant des personnes issues du secteur privé et en valorisant partiellement leur ancienneté. Les grands chantiers ne peuvent pas être suspendus indéfiniment. On ambitionne d’investir dans la 5G, l’internet à très haut débit. Enfin, à l’exception de l’année 2020, le budget ne sera pas déficitaire – mais on ne tient pas compte des investissements dans la liaison Oosterweel. Ces annonces sont donc meilleures que ce que l’on pouvait craindre.

Toute la question est désormais de savoir si les détails et les chiffres afficheront la même ambition. Les présidents de parti ont passé des jours entiers à se chamailler sur les détails pour finalement accoucher d’un accord de 300 pages. Si les détails sont si importants à leurs yeux, il est nécessaire de les connaître. Il en va de même pour les budgets, dont on ne sait encore rien à ce stade. Où va-t-on réaliser des économies ? Comment les files seront-elles réduites ? Comment mener la lutte pour le climat ? On ignore encore comment le gouvernement franchira ces barres-là.

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