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En Belgique, un bandeau sur les yeux à défaut de masques sur la bouche

(cc) Pixabay

28 avril 2020

En Belgique, un bandeau sur les yeux à défaut de masques sur la bouche

Temps de lecture: 2 minutes

Alors, on ouvre ou on n’ouvre pas ?  La question était sur toutes les lèvres ce week-end, et ce n’est pas près de changer dans les prochains jours. On peut reprocher bien des choses à Sophie Wilmès. La piètre qualité de son néerlandais, la mollesse de sa communication, la tiédeur de son enthousiasme. Et encore, on veut rester poli.

Il y aurait beaucoup à redire, aussi, sur le Conseil national de sécurité. Un manque d’empathie, une communication tout aussi atone et une incapacité à trouver cette harmonie dont nous avons tant besoin en ce moment. Et là aussi, on veut rester poli.

Mme Wilmès a bien dit, vendredi, que le calendrier prévu du déconfinement serait subordonné à des conditions strictes. Malheureusement, ce message s’est perdu dans les méandres d’une conférence de presse languissante et d’une présentation PowerPoint teintée d’amateurisme. D’accord, ce n’était pas une réédition de la débâcle des maisons de repos, mais le résultat est le même : entre déception, incompréhension et irritation. La proposition de report de la fête des Mères (par le ministre-président flamand Jan Jambon, ndlr) n’aura été qu’un pâle paratonnerre destiné à dévier les critiques. Une question de détail, rien de plus, à la marge d’un obscur recoin du débat.

Des mesures toujours pas en place

Les autorités continuent d’analyser si, dans les conditions actuelles, le calendrier annoncé sera tenable. L’affaire se présente mal, vu les problèmes d’approvisionnement en masques buccaux et en tests, mais aussi les difficultés de création d’une task force chargée du traçage.

Il est pourtant clair, depuis plusieurs semaines déjà, qu’il s’agit là de conditions indispensables pour entamer le déconfinement. Il est ahurissant de constater que ces mesures ne sont pas encore en place. Bien sûr, dans un régime démocratique, il est normal que les procédures décisionnelles soient compliquées. Et dans un pays rendu encore plus complexe par la multiplicité des niveaux de pouvoir dotés de responsabilités identiques, il est particulièrement difficile de réagir vite. 

« Avant d’apprendre à courir, il faut apprendre à marcher ! »

Nos politiques ont voulu donner un peu trop d’espoir. Et la population a trop espéré, notamment en raison de la première fuite dans la presse. Il n’en fallait pas plus pour qu’on n’y comprenne plus rien. Mais voilà : on oublie un peu vite que la crise actuelle est absolument inédite. Il n’existe aucun scénario pour servir de base à la communication de crise que l’on nous présente.

Nos dirigeants en sont réduits à avancer à tâtons, les yeux bandés. Et à risquer de prudentes tentatives. C’est cela qu’il aurait fallu rappeler plus clairement, vendredi. N’oublions pas cet adage très usité en Flandre, porteur d’une sagesse universelle : « avant d’apprendre à courir, il faut apprendre à marcher ! ».

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