DaarDaar

Le meilleur de la presse
flamande en français

Comité de concertation: l’attaque de Zuhal Demir fera mal si elle a raison
01·09·22

Comité de concertation: l’attaque de Zuhal Demir fera mal si elle a raison

Isolde Van den Eynde est journaliste politique au quotidien Het Laatste Nieuws.

Cette opinion a été rédigée avant le Comité de concertation sur la crise énergétique du 31 août.

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

JAMES ARTHUR GEKIERE (Belga Image)

Quelle est la différence entre Bart De Wever et Zuhal Demir ? Le premier, président de la N-VA, demande une réunion du Conseil national de sécurité autour de la problématique liée à la drogue à Anvers. La seconde pense qu’un Codeco énergie est une perte de temps. Ça fait mal. « Supporter » une réunion sur la crise en tant que ministre flamande de l’Énergie, à un moment où la société souffre de la flambée des prix de l’énergie, n’a rien d’une perte de temps. Ce qui ferait encore plus mal ? Que les faits lui donnent raison.

Oui, la N-VA ne tient pas à ce comité de concertation.

Le parti se réveille du coronavirus avec une gueule de bois. En tant que minorité à la table, la N-VA a été piétinée. Le parti est sorti de la pandémie couvert de bleus. Zuhal Demir est plutôt reconnaissante. La confiance envers Jan Jambon est manifestement en perte de vitesse. Mais, dans la situation présente, vous et moi n’avons que faire de cette logique politique, et du profilage des partis x et y.

Zuhal Demir (N-VA), une version moderne de Don Quichotte

L’agitation sociale est présente, mais la tension règne également chez les politiques. Les nerfs sont à vif rue de la Loi. Les politiques ne peuvent plus se taire. Ils n’osent plus se taire. Le Premier ministre a émis de sombres prévisions, mais sans aucun plan pour les contrer. Tinne Van der Straeten (Groen) s’attribue soudainement le report temporaire de la sortie du nucléaire, alors que son parti freinait des quatre fers depuis longtemps. Dans l’opposition au fédéral, la N-VA estime que la Vivaldi a échoué sur tous les plans et ne veut pas être entraînée sous cette douche froide. Comme si le gouvernement flamand emmené par la N-VA ne pouvait rien y faire. Le pire scénario après les cris ? Le silence. La montagne qui accouche d’une souris (encore).

« ‘Never waste a good crisis ?’ C’est plus que jamais la mission de nos gouvernements réunis. »

Les gouvernements régionaux et fédéral n’ont qu’un pouvoir limité dans cette crise, certes, mais ils ne sont pas impuissants. La perte de temps (ou non) que représente une telle réunion dépend de qui siège autour de la table. Et même, parler est toujours utile. Le gouvernement fédéral n’est pas le seul à avoir besoin d’une communication honnête à propos de la tempête qui fait rage sur notre pays et notre continent, et sur la portée (voire l’ampleur) qu’elle peut avoir. Le gouvernement fédéral n’est pas le seul à pouvoir mettre en avant les mesures déjà prises. Il en va de même pour le gouvernement flamand.

Zuhal Demir plaide à juste titre en faveur d’une détermination. « Chaque gouvernement doit lui-même trancher et faire le nécessaire plutôt que de palabrer à l’infini et d’organiser des shows. » Nous attendons avec impatience la Déclaration de septembre du ministre-président Jan Jambon. Une décision aura probablement été prise concernant le projet Ventilus, car sans cette ligne à haute tension, il sera impossible d’acheminer l’énergie produite par l’éolien offshore. Never waste a good crisis ? C’est plus que jamais la mission de nos gouvernements réunis.

Mieux vaut une éolienne dans son jardin qu’un Russe dans sa cuisine

Partager :
© DaarDaar ASBL 2021 - Mentions légales - Vie Privée