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Climat: la Belgique est bien un Etat défaillant

(c) Owen Byrne

2 décembre 2015

Climat: la Belgique est bien un Etat défaillant

Temps de lecture: 2 minutes

La honte et le déshonneur. Quels autres mots employer, plus poliment, pour décrire le bâclage qui caractérise désormais la politique climatique belge ? Même un compromis à la belge, rafistolé de toutes parts, qui pourrait être brandi comme un « accord », ne nous sauvera pas du déshonneur.

Quiconque espère trouver une vision dans la politique climatique du gouvernement actuel — mais également des précédents — ne peut que tomber dans le cynisme. Nous avons perdu six années entières à chercher un arrangement sur ce qui n’est plus un plan climatique depuis longtemps, mais, tout au plus, une manière de satisfaire aux engagements internationaux avec un minimum d’efforts. Lorsqu’ils demandent aux citoyens de travailler plus dur et plus longtemps ou de se serrer la ceinture encore davantage, les responsables politiques dissertent à l’envi sur l’avenir de « nos » enfants. Mais lorsqu’il s’agit d’assurer la viabilité de la planète, l’avenir importe peu, manifestement.

Dès la première journée de la Conférence de Paris sur le climat, ses cafouillages politiques ont valu à la Belgique de se voir décerner — ex aequo avec la Nouvelle-Zélande — le prix humoristique de « Fossile du jour » par une coupole d’ONG en faveur du climat. Qu’allons-nous pouvoir encore inventer pour faire oublier ce nouveau camouflet ? Publier des photos de chatons noyés par la montée des eaux sur Twitter ?

On entend dire que la proposition d’accord qui se trouvait lundi sur la table des différents gouvernements du royaume est « encore plus pénalisante pour la Flandre ». Cette idéologie pernicieuse concentre tous les errements de la politique climatique belge. Pour rappel, l’accord précédent avait fini par être torpillé, car la ministre fédérale de l’Environnement, Marie-Christine Marghem (MR), s’était bêtement trompée dans ses calculs, à son propre désavantage. Un nouvel accord tablera donc inévitablement sur une contribution plus importante des entités fédérées.

Pire encore : les chicaneries comptables communautarisées, qui réduisent la vision politique à une course à l’échalote visant à faire porter un maximum de responsabilités aux autres. Dans un tel contexte, comment parviendrons-nous à nous mettre d’accord sur les nouvelles mesures urgentes qui seront mises sur la table à Paris, autrement plus contraignantes ?

En matière de politique climatique, la Belgique est sans conteste un État défaillant. Un problème auquel sera également confronté le parti qui doit justement son succès électoral à cette notion d’État défaillant : la N-VA. En effet, avec des niveaux de compétences qui s’opposeraient encore plus durement, le confédéralisme n’est pas une solution. Le séparatisme non plus. Après tout, ce n’est pas la faute du PS ou de la Wallonie si une majorité politique en Flandre se montre incapable de convaincre la société d’adopter une politique climatique mobilisatrice et orientée vers l’avenir.

Bart Eeckhout pour De Morgen

Traduit du néerlandais par Sébastien Cano

Du même auteur : Belgique: les raisons d’un échec imminent

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