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(c) giovannacco

27 février 2018

Camping devant les écoles : la Flandre mérite mieux !

Tout commence par l’arrivée d’un seul parent, qui donne ainsi le signal de départ. En un rien de temps, une file se forme. Puis, les campeurs s’organisent, avec des tours d’appel, des listes d’inscription, des petits jeux. Ils laissent libre cours à leur imagination pour passer le temps et lutter contre le froid. À Grimbergen, le camping sauvage reprend ses droits devant l’école. Rien n’est laissé au hasard pour que les enfants puissent fréquenter l’établissement de leur choix. Rien ne les en empêchera. Pas même le vortex polaire.

Tout le monde, ou presque, s’accorde pourtant à dire que cette solution n’en est pas une. Dans les plus grandes villes, où la situation était complètement partie en vrille, le problème a depuis lors été résolu. Avec des listes de préférence, des points de contact et un système d’attribution qui s’efforce de tenir compte des souhaits, des fratries et de la mixité sociale. Personne n’est vraiment satisfait. Mais au moins les campings ont-ils disparu.

Jusqu’à présent, ce système n’a pas pu être étendu à toute la Flandre. Sa ministre de l’Enseignement, Hilde Crevits (CD&V), a demandé au parlement flamand de réfléchir à une solution, mais la concertation est au point mort. Le CD&V et l’Open VLD souhaitent que plusieurs places soient réservées aux groupes vulnérables dans les écoles, mais la N-VA ne veut pas en entendre parler. Ce qui aurait dû être le point départ d’une discussion semble en précipiter la fin. Un parlement, n’était-ce pas ce lieu où les avis s’affrontent pour mieux déboucher sur un compromis ? Apparemment non.

Il est impossible de satisfaire tout le monde. Ceux qui obtiendront gain de cause estimeront que le système est génial. Ceux qui resteront sur la touche, en revanche, dénonceront un système qui ne ressemble à rien. Tout ce qu’on peut faire, c’est tenter de trouver une formule plus ou moins équitable, qui ne détermine pas à l’avance qui perd et qui gagne.

Le camping ne résout rien. Tout le monde n’a pas les moyens de mettre sa vie entre parenthèses pendant quatre ou cinq jours. Les parents qui bravent ainsi le froid pendant ce laps de temps font preuve d’un dévouement incroyable à l’égard de leurs enfants. Ceux qui sont dans l’impossibilité de les imiter sont-ils pour autant moins dévoués ? On ne peut donc pas vraiment parler d’équité.

Un parlement qui se veut sérieux devrait quand même pouvoir imaginer une meilleure solution, non ?

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