La culture : clé d’une meilleure compréhension entre les communautés

28 février 2018 | Auteur : | Traducteur : Guillaume Deneufbourg | Temps de lecture : 2 minutes

Répondez franchement : pouvez-vous citer beaucoup de séries télévisées wallonnes ou de musiciens du sud du pays ? Probablement pas. L’inverse est tout aussi vrai : les films flamands sont rarement projetés dans les salles de Wallonie et les groupes musicaux néerlandophones sont tout simplement inconnus au-delà de la frontière linguistique. Mais réjouissez-vous : la Flandre sera l’invitée d’honneur de la prochaine Foire du Livre de Bruxelles. Alain Gerlache est un homme heureux.

Avec quelque 70 000 visiteurs chaque année, la Foire du Livre de Bruxelles est l’un des principaux événements culturels de la capitale. Lors de la soirée de clôture, les organisateurs révèlent traditionnellement le nom de l’invité d’honneur de l’édition suivante. Après Montréal cette année, ce privilège reviendra donc à la Flandre en 2019. L’annonce est pratiquement passée inaperçue. Pourtant, au-delà de la reconnaissance de la littérature flamande, ce choix constitue une étape importante sur la voie difficile d’une plus grande ouverture et d‘un plus grand respect mutuel entre les communautés de notre pays dans le domaine culturel. 

La culture a été l’une des premières compétences transférées aux entités fédérées. En 1971, les premiers organes de décision des communautés s’appelaient d’ailleurs des « conseils culturels ». Cette première réforme couronnait ainsi le long combat mené par la Flandre pour la reconnaissance de sa langue et de sa culture.

Malheureusement, une très grande incompréhension subsiste aujourd’hui encore quant aux circonstances de ce chapitre de notre histoire. De nombreux Flamands mettent dans le même sac les classes dirigeantes francophones du XIXe siècle et le wallon lambda de l’époque, qui ne jouissait même pas du droit de vote. La plupart des francophones n’ont pas conscience du caractère hautement émancipateur du combat de la Flandre pendant ces années, qu’ils voient comme une attaque contre la Wallonie et Bruxelles, guidée par l’objectif ultime de scinder le pays.

Il n’est donc pas étonnant que la culture ait été si longtemps une source de conflits. Alors que les deux communautés entretenaient des relations privilégiées avec de nombreux pays, il a fallu attendre 2012 pour qu’un accord culturel soit signé entre la Flandre et la Communauté française, et trois autres années pour que les deux ministres de la Culture, Joëlle Milquet (Madame Non) et Sven Gatz, ancien membre de la Volksunie, lui offrent une véritable contenance.

Sven Gatz est d’ailleurs l’un des principaux instigateurs de la présence de la Flandre sur la Foire du Livre de Bruxelles l’an prochain, ce qui démontre qu’autonomie et ouverture ne sont pas des concepts antagonistes, au contraire. Il n’est pas non plus question d’une quelconque forme de néo-unitarisme. Ceux qui ont la nostalgie de la Belgique d’antan seront probablement déçus, mais trois mois avant les élections de 2019 – qualifiées comme toujours de cruciales – on peut néanmoins y voir un signal fort, qui rappelle que la Flandre, Bruxelles et la Wallonie ne sont en rien condamnées à l’indifférence ou à la confrontation.

N’oublions toutefois pas que cette initiative, aussi louable soit-elle, reste modeste. La Foire du Livre dure quatre jours et la littérature ne demeure que l’un des nombreux constituants de la culture. Les films flamands restent peu projetés en Wallonie, les musiciens néerlandophones y sont toujours inconnus, et les séries télévisées du nord du pays ont bien de la peine à trouver leur place sur les chaînes francophones. 

Nous avons donc encore du pain sur la planche. Mais la culture ne doit jamais être un problème : elle fait inévitablement partie de la solution.

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Traducteur : Guillaume Deneufbourg
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Date de publication : 27/02/2018
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