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Le 8 mai, jour de libération ou simple compromis politique ?
16·04·21

Le 8 mai, jour de libération ou simple compromis politique ?

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

Image par Gerd Altmann de Pixabay

Clin d’œil historique oblige, les gouvernements du pays ont choisi le 8 mai pour marquer le début de la « libération » des griffes de la pandémie, soit le jour où, en 1945, la Seconde Guerre mondiale a officiellement pris fin en Europe.

Outre sa connotation historique, la date du 8 mai est également un pur compromis politique. Un juste milieu entre le 1er et le 15 mai, les autres jours d’ouverture envisagés, entre autres, pour les terrasses du secteur horeca, sujet qui a enflammé les débats. D’un point de vue strictement politique, la date semble judicieuse : elle n’enchante personne, mais semble avoir étouffé le vent de révolte.

Une étape saine et logique

Il va sans dire qu’une perspective concrète d’un retour à la normale tombe à point nommé. Reste que parmi le lot de nouvelles mesures, le passage du couvre-feu tant décrié à une interdiction de rassemblement est encore probablement la décision la plus importante. Abstraction faite de la réouverture des terrasses, c’est donc tout sauf un retour à la normale, mais une étape saine et logique qui, au sein d’un État de droit, aurait dû avoir lieu bien plus tôt.

Est-il pour autant raisonnable de tabler sur un large assouplissement des restrictions de liberté dès le 8 mai ? En réalité, nul ne le sait. Pas même les gouvernements. Raison pour laquelle ils ont tout de même pris soin, discrètement, de fixer une importante condition : la pression sur les services de soins intensifs doit « diminuer de manière soutenue » d’ici là. Un critère pour le moins vague.

La course contre-la-montre a commencé

Or même la diminution de moitié du taux d’occupation des lits aux soins intensifs d’ici juin, objectif affiché du gouvernement, n’est pas garantie. En un mois, nous sommes en effet passés de 500 à 1000 lits occupés par des patients Covid. Il ne reste donc plus beaucoup de temps pour réduire ce chiffre de moitié.

Il ne s’agit pas de sombrer dans une froide obsession des chiffres. La pression sur les hôpitaux, en particulier sur les soins intensifs, demeure réelle. Si l’on s’en tient à ce baromètre, la marge de manœuvre en vue de quelque assouplissement que ce soit est encore et toujours restreinte. Dans le même temps, la population décroche, se décourage, la santé mentale s’assombrit et la résistance prend véritablement forme. Face à ces deux réalités, les gouvernements du pays ont tenté de trouver un terrain d’entente. Une stratégie qui se comprend et se défend, mais qui n’est pas sans risque dans la lutte contre un virus qui, lui, ne se soucie guère des terrains d’entente.

Un chemin de croix, et puis la lumière…

La voie de la délivrance ne sera donc pas un boulevard parsemé de roses. Il faudra se frayer un chemin qui s’annonce escarpé et sinueux, entre des chiffres inquiétants et l’espoir de jours meilleurs, au rythme d’une campagne de vaccination qui semble avoir enfin trouvé sa vitesse de croisière.

Nous voyons le bout. Ce n’est pas trop tôt. Mais nous n’y sommes pas encore. Et tant qu’à employer la métaphore de la dernière guerre et de la Libération, rappelons-nous également les dernières semaines de combats, où l’orgueil et la soif de liberté ont coûté la vie à bien trop de victimes innocentes.

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