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21 janvier 2016

J-1000 avant les communales: les partis flamands sont prêts

Temps de lecture: 2 minutes
Anne Balbo
Traducteur Anne Balbo

1 000 : c’est le nombre de nuits qui nous séparent du dimanche 14 octobre 2018. C’est aussi le nombre de jours dont disposent les états-majors des partis présents aux niveaux fédéral et local pour préparer les prochaines élections communales. Largement le temps pour se consacrer encore à la gestion du pays et aux réformes, me direz-vous. C’est ainsi que l’on nous avait présenté les choses à l’approche des élections fédérales du 25 mai 2014 : « 4 ans sans campagne : quel bonheur inespéré ! » À peine 605 jours se sont écoulés que tous les regards se portent déjà sur 2018.

Wouter Beke (CD&V) et Gwendolyn Rutten (Open Vld) ont avancé leur réélection pour avoir les mains libres, la N-VA « place » ses pions sur le territoire flamand, le sp.a et Groen peaufinent leurs discours et Filip Dewinter (Vlaams Belang) brandit à nouveau haut et fort les gants de boxe. Une situation à déplorer ? Tout dépend de la manière dont on voit les choses. Que les stratèges du parti se préparent déjà pour octobre 2018 n’est pas illogique en soi puisqu’à peine 7 mois plus tard, les mêmes électeurs seront appelés à décider de l’éventuelle reconduction des gouvernements de centre droit du pays. Les candidats qui auront été plébiscités en 2018 pourront envisager 2019 sous les meilleurs auspices. Ceux qui auront essuyé un revers auront à peine le temps de s’en remettre. Mais les enjeux sont également importants au niveau communal. La N-VA nourrit deux grandes ambitions : renverser, après Anvers, d’autres bastions socialistes et détrôner le CD&V en tant que leader politique sur le plan local. Wouter Beke n’entend toutefois pas se laisser éconduire aussi facilement que Patrick Janssens en 2012.

Un scénario plutôt en contradiction avec le dessein que l’on prête à Bart De Wever d’en finir au niveau fédéral avec ce kibbelkabinet (cabinet de disputes, NDT). Mais ce n’est pas tout, chaque jour voit apparaître son lot de nouveaux éléments qui viennent entacher encore un peu plus les relations au sein de la coalition suédoise et témoignent d’une sorte d’état de campagne permanent. Après la N-VA qui a mis en place, la semaine dernière, un groupe de travail destiné à titiller les partis traditionnels à propos des absurdités de la sixième réforme de l’État jusqu’en 2019, c’est au tour d’un groupe de membres du CD&V d’examiner si la politique sociale du gouvernement Bourgeois est suffisamment « sociale ». C’est bien sûr dans ce même gouvernement que les ministres CD&V Vandeurzen et Crevits veillent aux intérêts de l’ACW (la coupole des organisations des travailleurs chrétiens en Flandre, NDT). Que va-t-on nous servir ensuite ? Une analyse de l’Open Vld pour calculer l’impact budgétaire du Groupe des 10 jusqu’à présent ? Une réflexion du MR sur la refédéralisation du commerce extérieur ?

Le petit numéro social du CD&V semble au demeurant être motivé par d’autres élections : les élections sociales qui se tiendront du 9 au 22 mai. Au sein de la majorité fédérale, on est également convaincu qu’il ne faut s’attendre à aucune autre initiative concernant les volets les plus sensibles de la réforme du marché du travail, de l’ancienneté ou d’un service minimum. Histoire de ne pas trop gêner les amis de la CSC dans leur bras de fer avec la FGTB et la CGSLB. Vous penserez peut-être que l’on va passer les 124 prochains jours les bras croisés. C’est plus qu’il n’en faut pour mettre sur pied la campagne de 2018, attirer de nouvelles recrues, conclure des préaccords et peut-être lancer un groupe de travail pour examiner les éventuels résultats de ces réformes de centre droit.

Dieter Dujardin pour Het Laatste Nieuws

Traduit du néerlandais par Anne Balbo

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