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24 février 2016

En Flandre, l’emploi prime sur la nature

La ministre flamande de l’Environnement, Joke Schauvliege (CD&V), a autorisé l’attribution d’une zone naturelle de la région de Genk, en province du Limbourg, à la société de transport Essers NV. Cette dernière souhaite déboiser l’espace pour y construire de nouvelles infrastructures. Wouter Deprez, humoriste flamand, s’est déjà opposé avec vigueur à cette décision.

>> Relisez notre article : La ministre Schauvliege recadrée par un humoriste

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Après Wouter Deprez, c’est au tour de l’économiste Geert Noels de critiquer l’extension de l’entreprise Essers à Genk (Limbourg). 

BRUXELLES « Le manque de courage politique pour assurer la protection des grands espaces et de la nature a fait de la Flandre ce qu’elle est actuellement. » L’économiste Geert Noels n’est pas tendre au sujet de la décision prise par la ministre flamande de l’Environnement Joke Schauvliege (CD&V) et le gouvernement flamand. Ils autorisent le déboisement d’un terrain pour permettre l’extension de l’entreprise de transports et de logistique H. Essers (DS, 20 février). Un message posté samedi par Geert Noels sur Facebook a été très partagé.

Geert Noels entend participer au débat sur la politique qui, selon lui, sacrifie depuis plusieurs décennies déjà la nature sur l’autel de l’emploi et nous a aussi imposé des constructions le long des routes, des encombrements routiers et trop de victimes de la circulation.

Geert Noels compare la situation aux développements survenus dans le port d’Anvers, où plusieurs centaines de millions ont été investis dans le bassin Deurganckdok : les polders et le village de Doel ont dû faire place au bassin, mais les 5 000 emplois promis n’ont pas été créés, selon lui.

« Si l’armateur de porte-conteneurs MSC n’avait pas quitté le Delwaidedok pour le Deurganckdok, avec ses 750 emplois, l’échec du projet aurait été clair pour tout le monde. Certains affirment depuis longtemps que le Deurganckdok n’a créé aucun emploi supplémentaire, mais qu’il a surtout déplacé des postes au sein du port. »

Il adresse le même reproche à ­Essers, qui promet de créer 400 emplois sur le terrain controversé à Genk. Geert Noels a appris de personnes proches du dossier qu’ici aussi, il ne s’agit en fait que d’un déplacement de postes pour une partie des emplois supplémentaires promis.

Dans une première réponse, Gert Bervoets, directeur général d’Essers, déclare qu’il n’est pas question ici d’un déplacement. « Nous allons vraiment créer de nouveaux emplois. Nous avons créé 242 postes en 2015 et 224 en 2014, donc le chiffre de 400 est réalisable. Nous acceptons que cela soit vérifié par la commission de contrôle qui est créée et qui suivra également les compensations naturelles. »

Joke Schauvliege, ministre flamande de l’Environnement, n’a pas réagi aux déclarations de Geert Noels. « Nous nous fondons sur les engagements de l’entreprise tels qu’ils figurent dans le dossier », a-t-elle indiqué. La société gestionnaire du port d’Anvers a préféré elle aussi s’abstenir de tout commentaire.

« Je n’ai rien contre Essers », a ajouté Geert Noels. « Mais l’image de cette entreprise va en souffrir. Cette situation n’est avantageuse ni pour l’entreprise, ni pour la province.

Le Limbourg est la dernière région de Flandre que nous associons à la forêt et à la verdure. Cette situation lui porte un rude coup. » Une pétition circulant en ligne contre la décision relative à l’extension d’Essers a déjà réuni ce week-end plus de 11 000 signatures.

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