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Pertes d’emploi à BASF : le reflet du malaise de notre État-providence
24·10·25

Pertes d’emploi à BASF : le reflet du malaise de notre État-providence

Peter De Groote est journaliste pour le quotidien De Tijd.

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

© Belga Image

Auteur⸱e
Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

Nous n’avons pas le choix. Nous devons réagir rapidement et d’une seule voix à la crise du secteur chimique.

Si la restructuration au sein de l’entreprise chimique BASF ne fait pas comprendre à la Rue de la Loi qu’il est urgent de remettre de l’ordre dans nos finances, c’est que le monde politique ne comprend pas que notre prospérité est en train de fuir, goutte à goutte, par le port d’Anvers. Le géant allemand de la chimie a annoncé hier son intention de supprimer 600 emplois sur son site anversois, soit un sixième du personnel. Cette perte, très dure pour les salariés, s’inscrit dans le sillage d’une crise encore bien plus grave qui dure depuis des années.

Cette crise, c’est celle de notre tissu industriel, qui n’en finit pas de se recroqueviller, surtout depuis l’attaque russe en Ukraine. La guerre a déclenché une crise énergétique, qui, pour le citoyen, s’apparente à un vague souvenir, mais qui s’avère un véritable fléau pour les entreprises dont l’énergie constitue un poste de coûts important et qui doivent évoluer dans un contexte de concurrence mondiale. Le port d’Anvers, qui abrite le deuxième plus grand pôle chimique au monde après Houston, compte de nombreuses entreprises. Dont BASF, donc, qui produit des éléments chimiques pour l’industrie automobile, le bâtiment, l’alimentation, le secteur pharmaceutique…

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Des entreprises comme BASF sont en crise depuis des années. Leurs usines tournent en permanence à des cadences qu’elles ne connaissaient qu’en périodes de décroissance économique. À l’heure actuelle, c’est devenu la norme. Grâce à sa situation géographique favorable, Anvers a longtemps échappé aux vagues d’économies de BASF, mais aujourd’hui, son tour est venu. Voilà qui confirme ce que beaucoup ressentaient du côté du port : la situation ne va pas en s’arrangeant. L’économie est trop molle et les coûts en énergie trop élevés.

Cette situation mérite qu’on s’en soucie davantage. Depuis des décennies, la croissance du secteur chimique à Anvers est fondamentale pour notre État-providence moderne. Le secteur a développé l’emploi, des connaissances, une résilience économique et une très forte valeur ajoutée. Mais aujourd’hui, ce socle s’effrite. Anvers assiste à la disparition définitive de processus industriels qui, pendant des décennies, constituaient la chose la plus normale du monde. Nous lui devions notre prospérité, ainsi que, comme nous l’avons appris ces dernières années, notre sécurité et notre pouvoir géopolitique.

« Il est illusoire de penser que l’État pourra tout sauver. Le problème fondamental reste l’énergie et son prix. »

Il est illusoire de penser que l’État pourra tout sauver. Le problème fondamental reste l’énergie et son prix. En raison du manque de réserves, mais aussi de choix stratégiques, le modèle européen actuel est dépendant des importations. C’est une situation qui ne se résout pas en deux coups de cuiller à pot. Un simple chèque en blanc ne suffira pas. Nous ne devons et ne pouvons pas tout faire tout seuls. Si la crise du secteur chimique n’est pas abordée avec rapidité et d’une seule voix avec les moyens dont nous disposons, nous perdrons plus que l’inévitable.

La Flandre et la Belgique peuvent agir, mais leur marge de manœuvre est réduite. Celle de l’Europe beaucoup moins, en revanche. Que l’énergie nuise à notre compétitivité, c’est une chose. Qu’elle se détériore davantage encore à cause de réglementations complexes voire absurdes, c’en est une autre. Le contre-mouvement a été lancé, mais pourrait-on l’accélérer, de grâce ?

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