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Horeca : une pluie d’étoiles Michelin… et un torrent de faillites
25·05·22

Horeca : une pluie d’étoiles Michelin… et un torrent de faillites

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

(cc) Pixabay

Christof Willocx
Auteur⸱e
Guilhem Lejeune
Traducteur Guilhem Lejeune

En Flandre, pas moins de seize restaurants ont décroché leur première étoile Michelin cette année. Mais cet immense succès ne change rien au fait que le secteur belge de l’horeca traverse une des pires crises qu’il ait jamais connues.

La Flandre compte désormais 98 restaurants étoilés, dont trois triplement récompensés par le célèbre guide. Une réussite quasiment unique : si l’on rapporte le nombre d’établissements étoilés à la population du pays, la Belgique se classe quatrième à l’échelle mondiale. Notre pays abrite ainsi un restaurant étoilé pour 91 000 habitants. Seuls le Japon, le Grand-Duché de Luxembourg et la Suisse font mieux. Une preuve du travail admirable que fournissent les grands chefs belges au quotidien et un grand motif de fierté pour le pays.

Il est donc extrêmement regrettable que ce soit précisément cette filière qui souffre le plus de la crise économique. Selon Graydon, expert de la veille commerciale, 275 établissements horeca ont déposé le bilan en Flandre au cours des quatre premiers mois de l’année. Ce qui en fait le deuxième secteur le plus durement touché. Seul celui de la construction fait pire. À présent que les services fiscaux se mettent à réclamer les arriérés dus à la crise du coronavirus et que les aides d’État se sont taries, le déluge de faillites annoncé déferle impitoyablement.

Et ce n’est pas la seule mauvaise nouvelle pour le monde de la restauration. Nombre de brasseries et de restaurants multiplient les offres d’emploi, mais peinent à pourvoir les postes vacants. Rien d’étonnant à cela : selon une étude de Jobat, société spécialiste du marché du travail, l’horeca est un des secteurs les moins rémunérateurs de Flandre, avec un salaire mensuel moyen de 2 912 euros brut.

S’ajoute à cela le spectre de la hausse des prix. Car le gaz et l’électricité ne sont pas les seuls concernés : les denrées alimentaires aussi. La guerre en Ukraine, grand exportateur de poulet, a ainsi entraîné une montée en flèche du prix de cette viande. Sans compter que le bœuf connaît également une flambée en raison de l’augmentation générale du prix des matières premières.

Ce ne sont pas les restaurants étoilés qui feront les frais de cette situation. Les clients de ce type d’établissements sont à la recherche d’une expérience exclusive et sont prêts à y mettre le prix. La question est plutôt de savoir si, dans leurs sorties du quotidien, monsieur et madame Tout-le-Monde seront disposés à payer beaucoup plus cher leur filet pur ou leur vol-au-vent. À défaut, les restaurants de la catégorie moyenne — les plus nombreux — risquent de devoir absorber eux-mêmes cette hausse des coûts, avec, à la clé, des marges réduites au minimum, voire des ventes à perte.

Les Belges sont certes de bons vivants, mais ce trait de caractère ne suffira malheureusement pas à éviter à nombre de restaurants qu’ils aiment tant de boire la tasse.

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