Nouveau coup dur pour les employés de la VRT : la direction vient d’annoncer son intention d’économiser quelque 16 millions d’euros d’ici 2030. Les trois syndicats de la radio-télévision publique flamande promettent d’ores et déjà de riposter en menant des actions de protestation.
La colère gronde une nouvelle fois à la VRT. Une nouvelle fois, parce qu’il y a à peine 4 ans, le service public flamand avait déjà connu une importante vague de protestation. La grogne avait été causée par le dénommé « plan de transforma-tion », un plan qui faisait suite à la décision de l’ancien gouvernement flamand de lourdement couper dans la dotation de la VRT. Cette restructuration avait mené à une situation jamais vécue par le média public avec, parmi les mesures, le licen-ciement sec d’une cinquantaine d’employés. Les grèves, manifs, et autres coups de gueule de célébrités flamandes n’y auront rien changé.
Beaucoup pensaient que le pire était désormais passé, mais la récente annonce de nouvelles mesures d’économie est venue réduire cet espoir à néant.
Des mesures qui fâchent
Les syndicats n’ont pas caché leur mécontentement car d’après eux, les écono-mies annoncées sont une nouvelle fois faites au détriment du personnel, et ce, malgré les promesses de la direction après l’accord du contrat de gestion conclu avec le gouvernement flamand. Cet accord est tombé en juillet dernier. Les autori-tés avaient alors annoncé qu’après la période de diète, la VRT allait à nouveau re-cevoir des fonds supplémentaires.
La direction avait, elle, fait miroité un geste favorable envers les membres du per-sonnel. Mais la semaine dernière, elle a annoncé son intention d’économiser pas moins de 16 millions d’euros d’ici 2030. D’après les calculs des syndicats, 11 mil-lions d’euros seraient épargnés au détriment du personnel. Concrètement, la direc-tion souhaite geler les salaires pendant cinq ans. Durant cette même période, 50 équivalents temps plein devraient également disparaître. Pas de licenciements secs cette fois, mais des départs naturels : d’ici 2030, un employé sur trois qui part à la retraite ne sera pas remplacé.
300 salariés en moins
Face à ce nouveau plan, les syndicats et le personnel craignent devoir affronter une charge de travail encore plus lourde. Entre 2021 et 2025, la VRT était en effet déjà passée de 2.100 à 1.800 salariés. Durant cette période difficile, le média pu-blic a connu une vague de burn-outs et plusieurs crises au sein des rédactions, ce qui avait mené l’entreprise à faire des efforts pour préserver le bien-être de ses employés. Mais ces efforts ont donc été vains, selon les syndicats, puisque d’après eux, la situation ne va pas s’améliorer.
La direction s’est toutefois défendue : ces nouvelles mesures n’alourdiront pas la charge de travail, grâce notamment aux progrès technologiques et à l’automatisation de certaines tâches. Quant au gel des salaires, elle rappelle que jusqu’ici, les employés bénéficiaient chaque année d’une augmentation de 1,25% en plus de l’inflation. Elle estime désormais que cette situation n’est plus tenable, et qu’une modération salariale est nécessaire pour éviter, à l’avenir, de nouveaux licenciements.
Vers de nouvelles grèves?
On ne sait pas encore si des programmes télés seront annulés ou si une program-mation musicale remplacera les émissions de radio, mais les syndicats ont en tous cas déposé un préavis en front commun. Toutes les actions, annoncées ou non, seront couvertes jusqu’au 31 décembre 2025.
Cette semaine, une première réunion formelle aura lieu entre la direction et les syndicats, mais ces derniers doutent de l’utilité de cette rencontre. Ils annoncent déjà qu’aucun dialogue ne sera possible si le CEO ne se montre pas prêt à certaines concessions. Vous l’aurez compris : la saison risque d’être chaude du côté néerlandophone du boulevard Reyers.
►►► La suite de la chronique de Joyce Azar sur le site Auvio de la RTBF :
