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Eviction de Paul Lembrechts: un coup de poignard à la VRT

(cc) DaarDaar

22 janvier 2020

Eviction de Paul Lembrechts: un coup de poignard à la VRT

Temps de lecture: 2 minutes

Les PDG qui jouissent de la confiance de leur conseil d’administration, des syndicats et de leur personnel ne courent pas les rues. La plupart du temps, les actionnaires les gratifient d’un bonus de sortie bien juteux en guise de remerciement. Du côté de la VRT résonne un autre son de cloche.

Un coup de poignard asséné par Benjamin Dalle (CD&V), ministre en charge des Médias.

Paul Lembrechts est donc remercié par le gouvernement flamand, seul actionnaire de l’entreprise publique. En cause : une rixe avec Peter Claes, directeur Média et Productions. Les deux hommes devaient choisir la personne chargée de négocier les mesures d’économie avec le gouvernement flamand. Selon la communication officielle, le PDG n’a pas été en mesure de réinstaurer la confiance, et n’est dès lors plus l’homme de la situation pour diriger la chaîne publique. Un coup de poignard asséné par Benjamin Dalle (CD&V), ministre en charge des Médias. Et commandité par son camarade de parti et président du conseil d’administration, l’éternel Luc Van den Brande.

Les manifestations de soutien de la part de l’ensemble du conseil d’administration en faveur de Lembrechts n’ont guère ému Van den Brande. Lundi, ce dernier a invoqué comme motif du licenciement « le besoin d’une VRT forte durant les négociations à venir concernant le contrat de gestion ». Afin de mener les préparatifs, un primat ad interim fut désigné en la personne de Leo Hellemans, lequel devra pleinement s’employer à éteindre les étincelles internes. Comment prendre cette explication au sérieux lorsque l’on sait que ces négociations débuteront – hasard du calendrier – dès demain ?

Cette ingérence politique n’est pas sans rappeler les heures sombres du passé.

Si les deux hommes sont aussi compétents l’un que l’autre, Claes a néanmoins un avantage sur son adversaire désormais débouté. Il peut se targuer d’avoir un réseau politique et de bénéficier du soutien de Van den Brande, contrairement à Lembrechts. Il estime par ailleurs que les économies imposées sont réalisables. Et qu’elles doivent être menées à bien par un camarade de parti. Comprenez : pas par Lembrechts. Cette ingérence politique n’est pas sans rappeler les heures sombres du passé.

À travers cette décision, ce n’est pas le fonctionnement de la télévision publique qui prime. Pas plus que l’intérêt du téléspectateur flamand, à qui l’on promet une chaîne indépendante. Le plus grand handicap de Lembrechts était son désintérêt vis-à-vis de la chose politique. Or si les partis parvenaient un jour à se défaire de leur nombrilisme idéologique, ils se rendraient compte de la nécessité de fixer le cadre de la télévision publique. Et ils tâcheraient ensuite de ne plus y mettre leur nez. Afin de fonctionner de manière indépendante, la VRT a précisément besoin de quelqu’un qui se fiche royalement de la politique.

Pour en savoir plus sur le sujet, écoutez la chronique de notre rédactrice en chef, Joyce Azar, diffusée ce mercredi 22 janvier sur La Première (RTBF):

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