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Qui est DaarDaar? David: « La Flandre est le grenier culturel de la Belgique »
4 juillet 2019

Qui est DaarDaar? David: « La Flandre est le grenier culturel de la Belgique »

En 2019, DaarDaar fête ses quatre ans. Pour l’occasion, nous présentons les membres de l’équipe bénévole à travers trois questions. Cette semaine, c’est au tour de David Charlier, co-fondateur et président de DaarDaar.

Vous désirez le rencontrer ainsi que les autres membres de l’équipe ? Venez assister à notre match d’impro bilingue le 11 juillet à Ixelles à l’occasion de la fête de la Communauté flamande.

Temps de lecture: 3 minutes
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1. Pour toi, la Flandre c’est quoi?

Là où la Wallonie se cherche depuis des décennies, et ne peut s’empêcher d’avoir les yeux rivés sur Paris à défaut d’elle-même, la Flandre sait très bien où elle est, c’est ce qui la rend passionnante. C’est bien sûr au niveau culturel que cette impression est la plus forte. Les arts plastiques, le cinéma, la musique et même les discours politiques y sont riches et se renouvellent vraiment. La Flandre c’est le grenier culturel de la Belgique.

En même temps, dans un monde qui change, dans une Belgique et une Europe qui pétaradent, la Flandre perd parfois pieds. Alors qu’elle a toujours tiré sa force de sa richesse culturelle, de sa connaissance des langues et de sa confiance en elle-même, les décisions parfois absurdes d’un nationalisme qui n’a d’autre but que lui-même et d’une extrême-droite qui se banalise toujours un peu plus m’attristent beaucoup.

Ces deux faces d’une même pièce en font, dans l’absolu, un sujet passionnant, des discussions sans fin, des buts de promenades et de city trips enrichissants.

2. Que symbolise DaarDaar pour toi? 

La polarisation grandissante de notre société se matérialise particulièrement dans la vision que l’on a de l’autre. J’ai souvent l’impression que nous avons pris l’habitude soit d’aimer, soit de haïr inconditionnellement l’autre. Ce parti pris nous aveugle tant sur les problèmes inhérents à la vie en commun que sur les solutions à y apporter. Le recul, la critique et même l’auto-critique sont essentiels dans nos sociétés hyper-mélangées et soumises à la pression de la mondialisation.

En Belgique, la différence et le communautarisme ont longtemps été institutionnalisés à outrance. Toutes les réformes de l’Etat ont été engagées pour une seule raison : nous sommes différents. Le problème a été identifié comme étant la différence, la solution a été identifiée comme étant la division.

Comment dès lors gérer les nouvelles fractures sociales et religieuses dans un pays où ces mêmes fractures sont historiquement vues comme des solutions à elles-mêmes ? Comment demander à une communauté de faire ce que l’Etat ne fait plus : penser un projet commun et plus généralement créer du commun ?

Pour moi, DaarDaar symbolise justement le retour du commun. Une actualité commune, une écriture et un langage, à défaut d’une langue, commune. Sans s’en rendre compte, les lecteurs de DaarDaar sont des espèces rares de Belges qui partagent, ne serait-ce que quelques instants par jour, un contenu journalistique commun.

3. Pourquoi t’es-tu engagé(e) dans DaarDaar?

A mon niveau, je me suis longtemps senti spectateur. Je n’ai jamais vraiment trouvé, dans le chef des partis politiques, le contenu suffisant pour trouver des solutions aux problèmes de vivre ensemble décrits il y a quelques instants. J’ai toujours déploré l’essentialisation de l’autre et, tout particulièrement, celle des Flamands.

Dès le début, tant mes collègues, que mes amis, que nos lecteurs et que, bien sûr, moi-même, nous sommes posés cette question : pourquoi DaarDaar n’existait pas avant ? Pourquoi, alors que la Belgique existe depuis 1830, que les premiers conflits communautaires sérieux persistent depuis l’entre-deux-guerres, que la distanciation entre nous s’est aggravée depuis la fin du 20e siècle n’y a-t-il personne, dans aucun de nos six gouvernements, qui n’a tenté l’expérience ?

Peut-être est-ce parce que la solution ne peut pas venir du politique. Si c’est bien le cas, il y a de quoi s’inquiéter en se demandant pourquoi. J’ai décidé de passer cette question et de me lancer, en tant que citoyen, dans cette aventure, de relever ce défi colossal pour arrêter d’être spectateur et pour prendre le taureau par les cornes : combattre le racisme et l’ignorance de front et tenter de trouver des solutions concrètes.


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