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Guerre contre la drogue : quand les bourgmestres font mieux que le gouvernement
15·02·22

Guerre contre la drogue : quand les bourgmestres font mieux que le gouvernement

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

Photo by Colin Davis on Unsplash

Auteur⸱e
Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

Lorsque les autorités nationales faillissent à leur devoir, c’est aux villes de prendre l’initiative. Bart De Wever (N-VA), bourgmestre d’Anvers, et son collègue Ahmed Aboutaleb, bourgmestre social-démocrate de Rotterdam, l’ont démontré par leur visite de travail en Amérique du Sud. Les deux villes portuaires sont ravagées par l’importation de stupéfiants et par la violence urbaine qu’elle engendre. Le week-end dernier, une fois de plus, la porte d’entrée d’un immeuble à appartements s’est fait cribler de balles à Wilrijk, un district d’Anvers, probablement pour des raisons liées au trafic de drogue.

Il est frustrant, pour De Wever, de constater que le gouvernement fédéral refuse de voir et de reconnaître la gravité des crimes liés à la drogue et de leur impact sur sa ville. La police judiciaire fédérale d’Anvers est en sous-effectif. Les transports de fruits importés de pays à risque sont insuffisamment contrôlés. Nos prisons sont surpeuplées et nos prisonniers sont livrés à eux-mêmes. La situation des mineurs est encore plus grave : l’appel des barons de la drogue se fait d’autant plus entendre que les réponses de l’État se font toujours attendre.

De Wever et Aboutaleb, eux, voient les effets de ces violences dans les rues et les quartiers de leur ville respective. Ils sont liés par leur inquiétude, bien au-delà des frontières de leur ville, de leur pays ou de leur parti. Aboutaleb est une figure de proue des sociaux-démocrates néerlandais du PvdA. En 2020, Bart De Wever avait déjà pu démontrer sa capacité d’oublier les intérêts partisans quand il s’agissait de défendre les intérêts de sa ville.

« Le seul que je puisse appeler pour trouver une oreille attentive sur la problématique des grandes villes, c’est le bourgmestre de Charleroi, Paul Magnette (PS) »

« Le seul que je puisse appeler pour trouver une oreille attentive sur la problématique des grandes villes, c’est le bourgmestre de Charleroi, Paul Magnette (PS) », avait-il alors déclaré, en réaction à l’absence de citadins, et plus particulièrement d’Anversois, au gouvernement fédéral.

Drogue et violence à Anvers : c’est à Bruxelles que réside la solution

La visite des deux bourgmestres en Amérique du Sud confirme le point de vue du politologue américain Benjamin Barber, selon qui les États-nations n’ont plus la capacité de résoudre les grands problèmes de ce monde. En revanche, les bourgmestres peuvent accomplir beaucoup de choses à leur niveau, parce qu’ils sont habitués à la recherche de solutions pragmatiques.

La ministre fédérale de l’Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), et son collègue de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), devraient être rouges de honte, car c’est un bourgmestre qui fait leur travail. Après avoir beaucoup appris pendant leur visite, les deux bourgmestres ont écrit quelques recommandations à leur premier ministre respectif.

Pourvu qu’ils soient pris au sérieux. Sinon, il vaut peut-être mieux que ce soient les bourgmestres qui dirigent le monde, comme l’a écrit Barber dans son ouvrage Et si les maires gouvernaient le monde ?.

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