Les embouteillages à Bruxelles, ce fléau destructeur d’emplois

14 juin 2018 | Auteur : | Traducteur : Fabrice Claes | Temps de lecture : 2 minutes

Grâce au traitement de données, nous apprenons une fois de plus que l’économie bruxelloise souffre des bouchons. Les embouteillages détruisent l’emploi, y compris les emplois que pourraient apporter des investisseurs étrangers.

Bruxelles pourrait être un véritable atout pour la Belgique, mais elle ne l’est pas. C’est ce qu’a déclaré hier Leo Sleuwaegen, professeur à la KUL, en présentant le bilan annuel des investissements étrangers dans notre pays, établi par la société de consultance EY. Selon le professeur toujours, Bruxelles devrait profiter du Brexit et attirer des entreprises dans les secteurs de l’informatique et des services, mais il n’en est rien.

Ceci pourrait s’expliquer entre autres par les problèmes de mobilité, une fois de plus. Parmi les investisseurs qui ne connaissent pas la Belgique, un sur cinq cite les embarras de circulation parmi les raisons de ne pas investir dans notre pays. Parmi ceux qui connaissent la Belgique, car ils y investissent déjà, six sur dix déplorent de ne pas pouvoir investir davantage chez nous à cause des embouteillages. En d’autres termes : ceux qui ne connaissent pas la Belgique estiment que la circulation est plutôt correcte, jusqu’à ce qu’ils y travaillent. Et c’est à Bruxelles que les embouteillages se font le plus sentir.

Le rapport confirme une étude antérieure menée par l’institut HIVA de la KUL. Les chercheurs avaient alors chiffré le nombre d’emplois créés à 473 emplois nets à Bruxelles de juin 2015 à juin 2016, tandis qu’en Flandre, pour la même période, 32 470 emplois avaient été créés, malgré les plaintes des employeurs à propos des embouteillages.

Les données du consultant EY indiquent une différence similaire. Les sociétés étrangères ont créé en Région flamande 4 872 emplois l’année dernière, pour seulement 161 à Bruxelles. La différence est encore une fois beaucoup trop grande. Lorsqu’on sait que Bruxelles représente un cinquième du produit intérieur brut belge, on se dit que la Région devrait faire dix fois mieux que ce qu’elle fait actuellement.

Conséquence : un énorme problème d’emploi. Même lorsque la conjoncture est particulièrement favorable, la capitale de l’Europe a du mal à créer de l’emploi. Certes, le chômage est en baisse à Bruxelles, mais cette baisse s’explique par des raisons statistiques : les chercheurs d’emploi ne sont plus comptabilisés dès lors qu’ils effectuent un stage. Ces stages ont beau être utiles, voire nécessaires, ils contribuent à masquer le manque d’emplois.

De plus, il n’est pas simple de se montrer optimiste. En effet, la Belgique francophone doit faire face à un problème d’enseignement qui s’avère difficile à résoudre à court terme. Et à Bruxelles, un autre problème s’y additionne : la mobilité. Les données du centre flamand de la mobilité le confirment : les embarras de circulation sur le ring de Bruxelles, pourtant déjà conséquents en 2011, ont doublé en sept ans. Au point, manifestement, de détruire des emplois.

La situation se révèle difficile à renverser. En 2009 déjà, le ministre du Budget bruxellois, l’Open VLD Jean-Luc Vanraes, a déclaré que Bruxelles avait besoin de davantage de moyens pour éviter que les navetteurs restent bloqués dans les embouteillages. Bruxelles a obtenu cet argent supplémentaire à la suite de la sixième réforme de l’État, sans que cela fluidifie la circulation.

De surcroît, les alternatives à la voiture ne sont toujours pas assez attrayantes. Des dizaines de milliers de Bruxellois doivent encore affronter quotidiennement les embouteillages, ce qui prouve entre autres que les transports en commun ne constituent pas à leurs yeux une solution suffisante. Les réformes s’enchaînent pour rendre la SNCB plus agréable à ses usagers, mais elles manquent d’ambition et arrivent beaucoup trop tard. Par ailleurs, à la fin de ce mois, le SIC, le petit syndicat indépendant des cheminots, partira en grève, une fois de plus.

Toute métropole doit gérer des problèmes de vivre-ensemble, et la circulation en est un. Mais dans le classement des 162 villes européennes à embouteillages édité par la société TomTom, notre capitale figure depuis des années dans le top dix, ce qui confirme que Bruxelles est une ville qui vit bien en-deçà de son potentiel.

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Traducteur : Fabrice Claes
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Date de publication : 12/06/2018
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