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15 juin 2018

Flamands ou Wallons, autochtones ou allochtones: Tous unis derrière les Diables

Yves Lambrix
Auteur
Ludovic Pierard
Traducteur Ludovic Pierard

C’est parti ! Le coup d’envoi du mondial en Russie a été donné hier à 16h30, heure belge. Juste avant le match d’ouverture qui opposait la Russie à l’Arabie saoudite, le chanteur Robbie Williams, la célèbre soprano russe Aida Garifoellina et l’icône du foot Ronaldo ont lancé la coupe du monde 2018. Comme lors de l’édition précédente au Brésil, plus d’un milliard de personnes ont suivi ce grand show.

Tous les regards de la planète seront braqués sur la Russie dans les prochains mois. Après le Comité international olympique, c’est aujourd’hui la FIFA qui donne à Vladimir Poutine l’occasion de présenter son État comme une nation accueillante et bien organisée. Cet événement permet à la Russie de nous faire oublier que, sous la direction autoritaire de son président, le pays hôte annexe des portions de territoire de ses voisins, bombarde des enfants syriens, élimine des opposants politiques, mène des attentats au gaz sur le sol britannique, impose le silence à des journalistes et promeut ou promouvait systématiquement la tricherie dans le sport. Peu importe la valeur récréative de cette fête du ballon rond, elle ne sera ni ne deviendra jamais un mondial ordinaire dans un pays ordinaire. La vodka traditionnelle, les chapkas en fausse fourrure et les charmes locaux n’y changeront rien.

Les millions d’amateurs de foot présents dans ce pays guetteront surtout les prestations de nos Diables rouges. Après la coupe du monde au Brésil, la déception était de mise. Notre équipe, la deuxième plus jeune du tournoi, avait été éliminée en quart de finale contre l’Argentine. Mais aujourd’hui, la Belgique se dresse en outsider redoutable dont les grandes nations du football comme le Brésil, l’Argentine, l’Espagne ou l’Allemagne devraient se méfier. À condition toutefois de nous débarrasser dans la phase de poule du petit Panama, de l’imprévisible Tunisie et de la farouche Angleterre. Nous devrions y arriver, ne fût-ce que parce que nos Diables ont depuis lors gagné en puissance, en créativité et en expérience grâce à leurs excellentes prestations dans les meilleures compétitions européennes.

Le football est un business qui génère des milliards, avec ses vilains excès que sont les scandales de corruption et le hooliganisme. Il n’empêche que cet événement secondaire, mais néanmoins le plus important du monde, crée aussi de la solidarité, un sentiment de « tous ensemble ». Plus que n’importe quel autre sport. Lorsque nos Diables rouges joueront leur match d’ouverture lundi, il n’y aura plus dans ce pays ni Flamands ni Wallons, ni patrons ni salariés, ni pauvres ni millionnaires, ni allochtones ni autochtones, ni Limbourgeois ni Anversois. Non, nous serons tous unis comme un seul homme derrière cette équipe fantastique, qui nous rassemble dans les bistrots et sur les places. Rien que pour ça, le football peut être diablement beau. « Un match, on le gagne ensemble », a un jour déclaré la légende du ballon rond Johan Cruijff. Il est temps d’importer le chauvinisme néerlandais, tant redouté, pour que ce trait de caractère devienne aussi notre philosophie de vie durant un mois.

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