La Suède a Spotify, l’Allemagne a Zalando et la Belgique… du retard

12 mars 2018 | Auteur : | Traducteur : Maxime Kinique | Temps de lecture : 2 minutes

Il y a beaucoup de choses qui se passent dans le paysage belge de l’innovation mais cela manque pour l’instant de grandes success-stories. Nos entrepreneurs technologiques, financiers et décideurs politiques doivent avoir l’audace de viser plus haut.

Spotify, dont le siège est basé à Stockholm, s’est imposé comme un acteur mondial du streaming musical en ligne, avec une app aujourd’hui téléchargée sur des millions de smartphones et de tablettes. L’entreprise suédoise sera prochainement cotée à la bourse de Wall Street. En Belgique également, le secteur de la technologie foisonne de start-ups prometteuses, comme nous l’avons appris récemment à travers la série « Silicon Belgium » parue dans ce journal. Mais pour l’heure, notre pays ne peut pas se targuer d’une success-story à la Spotify : chez nous, aucune entreprise innovante n’a connu pour l’heure une réussite d’une telle envergure.

Dans nos universités, la recherche en matière de nouvelles technologies est de haut niveau. Avec l’IMEC à Louvain, nous disposons d’un centre de recherche qui émarge au top mondial absolu en matière de nanotechnologie. Les pouvoirs publics et les fonds d’investissement privés consacrent beaucoup d’argent au financement de cette recherche et des petites entreprises qui en sont issues. Il y a beaucoup de jeunes pousses mais peu d’arbres robustes.

L’économie internationale traverse un important processus de transformation. L’automatisation et la robotisation ont le vent en poupe. L’économie aura toujours besoin d’activités traditionnelles et d’entreprises pour les développer (brasseurs, chocolatiers, fabricants de boules de billard, tisseurs de tapis, producteurs de chaux, etc.) mais la croissance émanera d’activités innovantes et d’entreprises qui excelleront dans ces nouvelles activités. Et dans ce domaine, la Belgique n’a pas encore beaucoup de faits d’armes à son actif.

Il n’y a pas que sur le plan de la haute technologie qu’il y a matière à redire chez nous. Prenons les nouvelles évolutions dans des activités plutôt traditionnelles, comme la vente et la distribution, par exemple : force est de constater que nous laissons passer des opportunités que nos pays voisins saisissent, eux, à pleines mains. L’entreprise d’e-commerce Bol.com bat pavillon néerlandais alors que Zalando est un fleuron de l’économie allemande, pour ne citer que deux exemples d’occasions manquées.

Nous avons la connaissance, nous avons les moyens financiers mais il nous manque un grand projet global. Les efforts sont trop dispersés, chaque région veut sa « Silicon valley » et il n’y a pas suffisamment d’interactions et de synergies.

Souvent, nos entrepreneurs technologiques pèchent également par excès de modestie. Ils se contentent d’exceller dans une petite niche et n’ont pas l’audace de voir vraiment grand. Ils préfèrent rester les pieds sur terre. Mais avec une telle approche, impossible de décoller. En outre, si quelqu’un met une belle somme d’argent sur la table pour racheter leur entreprise, ils se montreront plutôt prompts à accepter l’offre. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, comme on dit…

Le fait qu’une grande partie de la population et des élus politiques ne tiennent pas l’entrepreneuriat et les entrepreneurs en haute estime et que le monde politique ne fasse pas montre d’une grande conviction pour aider à créer un environnement plus favorable pour nos entreprises n’est pas non plus de nature à faire évoluer positivement les choses.

Nous avons besoin d’entrepreneurs, de financiers et de décideurs politiques prêts à se mouiller pour donner à la Belgique et aux entreprises belges une place en vue sur la carte internationale de l’entrepreneuriat technologique.

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Traducteur : Maxime Kinique
Auteur :
Date de publication : 10/03/2018
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