Réseau routier : un pays, deux mondes à part

10 janvier 2017 | Auteur : | Traducteur : Ludovic Pierard | Temps de lecture : 2 minutes

Alors que la Flandre a décidé d’installer des panneaux de signalisation plus lumineux sur les autoroutes, le ministre-président wallon, lui, veut les retirer au plus tôt, car ils coûtent cher ET ne sont pas produits en Wallonie. « Ce n’est pas exactement ce que j’ai dit », a cependant rectifié Paul Magnette, affirmant avoir été mal compris. En attendant, les chiffres démontrent qu’en matière de trafic, nous vivons dans deux mondes différents.

Selon les chiffres de la police fédérale, trois fois plus de conducteurs sont verbalisés pour excès de vitesse en Flandre qu’en Wallonie. Il faut dire que les radars fixes et les systèmes de contrôle des trajets pullulent dans le Nord du pays, alors qu’ils restent plutôt rares dans le Sud, bien que la Région wallonne ait commencé à combler son retard. Flitsers.net n’en dénombre d’ailleurs que 92, contre 1 389 bordant les routes régionales de Flandre, selon l’AWV, l’agence en charge de la gestion du réseau routier flamand. Toujours dans le Nord, 4 systèmes de contrôle des trajets ont été installés sur des autoroutes et 21 sur des routes régionales, alors qu’en Wallonie, on n’en compte qu’un seul au tunnel de Cointe, à Liège.

En matière d’infractions au Code de la route aussi, on semble vivre dans un monde totalement différent de l’autre côté de la frontière linguistique. En Flandre, on en constate trois fois plus qu’en Wallonie. Affirmer sans plus que le risque de se faire attraper au Nord est plus important serait toutefois un raccourci un peu trop rapide. Cette différence s’explique tout simplement par le fait que la Flandre est plus peuplée, avec ses 6,4 millions d’habitants, contre 3,5 en Wallonie. Plus la population d’une région déterminée est dense, plus la quantité de voitures circulant sur les routes est élevée et plus les infractions seront nombreuses. En outre, les voies flamandes sont beaucoup plus fréquentées en raison du trafic de transit et de poids lourds qui les emprunte.

Ce qui est certain en revanche, c’est que les conducteurs wallons hésitent moins que leurs homologues flamands à prendre le volant en ayant consommé de l’alcool. Ils sont même deux fois plus nombreux si on en croit les analyses du comportement réalisées par l’Institut belge pour la sécurité routière (IBSR). Proportionnellement au volume total d’infractions aussi, le nombre de chauffeurs pris à rouler sous influence était plus élevé en Wallonie.

Mais ces petites différences ne se limitent pas à la population, car les politiques menées dans les deux Régions sont également diamétralement opposées. C’est ainsi qu’en Flandre, la fiscalité (consistant en une taxe d’immatriculation unique et une taxe de circulation annuelle) est calculée sur la base des émissions, en suivant le principe du pollueur payeur. Tandis qu’en Wallonie, on applique toujours le vieux critère dépassé de la « puissance de la voiture ».

Quant à la vitesse autorisée…

La vitesse autorisée diffère aussi parfois d’une Région à l’autre. Réduite à 70 km/h sur les routes secondaires en Flandre, elle est restée à 90 km/h en Wallonie. « Rien de plus logique », estime Maarten Matienko, de l’organisation d’automobilistes VAB. « En Flandre, le moindre m² est bâti, alors que la Wallonie est mieux adaptée à l’aménagement d’exceptions à la règle. »

Il n’est donc pas étonnant que les revenus issus de la taxe kilométrique, récemment introduite, soient également inégaux. Il en ressort que le nombre de kilomètres parcourus en Flandre est pratiquement deux fois plus important qu’en Wallonie, ce qui est naturellement dû au trafic intense de poids lourds sur la E17, la E40 et la E313. Le constat est d’ailleurs similaire pour le risque d’accidents impliquant des camions. En 2013, il était même 1,3 fois plus élevé en Flandre qu’en Wallonie, et 4 fois plus qu’à Bruxelles.

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Traducteur : Ludovic Pierard
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Date de publication : 07/01/2017
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