Daar Daar logo

Une révolution culturelle s’impose au sein du service Rapatriements

(c) AlexSky

 

26 janvier 2017

Une révolution culturelle s’impose au sein du service Rapatriements

Temps de lecture: 2 minutes

Une politique d’asile ne peut être crédible que si les personnes en séjour illégal sont rapatriées irrévocablement. Ces rapatriements restent extrêmement délicats et nécessitent une approche professionnelle. Les agents qui assurent ces opérations méritent tout le respect. Leur travail fait parfois l’objet de critiques sévères, mais il est indispensable. 

L’audit rendu public ces derniers jours brosse un tableau plutôt positif des rapatriements qui sont menés « de manière humaine et professionnelle ». Cependant, l’extrait sur les « fortes présomptions de comportements inappropriés » fait dresser les cheveux. Il est en effet ressorti d’entretiens avec des membres de la police aéronautique que des agents ne se comporteraient pas selon « les valeurs et le code de déontologie » de la police au cours de ces missions. 

Le rapport ne s’étend pas sur ce sujet. Les faits sont à distinguer du rapatriement en tant que tel. Dans l’attente de leur vol de retour, certains agents s’adonneraient aux plaisirs de la vie. Ces abus entraînent la suspicion, la jalousie et la colère entre les « escorteurs ». La perspective d’un bref séjour dans une destination exotique semble être un moteur impur pour ce type de mission sensible. 

Le rapport ne permet pas d’évaluer l’ampleur du problème. Il va de soi que les pratiques inacceptables doivent être endiguées. Néanmoins, ces histoires graveleuses ne doivent pas alimenter d’autres commentaires sur la manière dont le service est dirigé et contrôlé. Une révolution culturelle est nécessaire. 

Ces révélations mettent en lumière les responsabilités du ministre de l’Intérieur Jan Jambon et de son secrétaire d’État Theo Francken. Ils étaient au courant de l’audit, mais ils ont décidé de n’en informer le parlement que partiellement. Le fait qu’aucun parlementaire n’ait osé protester soulève un certain nombre de questions sur la vigilance de l’institution. Aujourd’hui, pas un jour ne passe sans que Theo Francken n’exhibe ses réalisations dans le domaine des expulsions. 

C’est précisément la raison pour laquelle il doit se demander pourquoi l’audit récent dénonce des situations qui ont été révélées dans une étude similaire il y a une dizaine d’années. Une enquête préliminaire doit maintenant déterminer précisément les faits et y associer éventuellement les noms des responsables de ces dérives. Les politiques pourraient également chercher à comprendre pourquoi personne n’a jugé nécessaire de rétablir l’ordre plus rapidement. Ou préfèrent-ils prolonger leur hibernation de quelques semaines ? 

© DaarDaar ASBL 2017 - Mentions légales - Vie Privée