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2 octobre 2018

Pollution de l’air : à qui la faute ?

Les résultats de l’enquête menée par les Curieuze Neuzen (projet citoyen visant à mesurer la qualité de l’air en Flandre, ndlr) ont parlé. Les preuves scientifiques sont sans appel et ne laissent que peu de place à l’interprétation. Pourtant, les réactions de la sphère politique et des ministres concernés, rivalisant d’indolence, ne laissent entrevoir aucune amélioration en la matière. Joke Schauvliege, ministre flamande de l’Environnement, a beau se targuer d’avoir un plan ambitieux, elle ne prend pas les mesures qui s’imposent pour en assurer la mise en œuvre. Sous prétexte de devoir appliquer des mesures au cas par cas, par commune, elle se focalise finalement sur ce qu’elle ne souhaite PAS imposer : des zones à ultra-faibles émissions, des interdictions totales de circuler en voiture, des plans de circulation couvrant plusieurs villes et communes, ou encore un moratoire sur de nouveaux lotissements. De son côté, Ben Weyts, ministre de la Mobilité, met avant tout le doigt sur ce qu’il ne veut PAS faire : allouer davantage de budget à De Lijn.

Personne n’est donc responsable et tout le monde se renvoie la balle : les bourgmestres rejettent la faute sur De Lijn, les ministres sur les bourgmestres et inversement. Certains partis instrumentalisent les résultats à des fins électorales, tandis que d’autres tentent de les minimiser ou, au contraire, se félicitent des actions déjà réalisées.

Schauvliege surestime la capacité de prise de conscience et le volontarisme des citoyens. Ce n’est pas parce que beaucoup d’entre eux ont souhaité connaître la qualité de l’air qu’ils respirent qu’ils sont prêts à quitter leur verte campagne du jour au lendemain et à venir s’installer en ville pour éviter les embouteillages. Et ce, même si ces embouteillages sont mauvais pour leur santé. Un peu comme la cigarette: on en connaît tous les méfaits, mais les fumeurs restent nombreux.

Espérer une soudaine prise de conscience du citoyen revient donc à esquiver sa responsabilité. Ce n’est pas dans cette optique que nous avons élu nos représentants politiques. À eux de créer les conditions propices à un changement de comportement dans le chef des citoyens. Ou à prendre des mesures contraignantes, le cas échéant.

Une vision à long terme, un plan cohérent, ambitieux et concret, fondé sur l’avenir que nous voulons donner à notre mobilité : voilà ce dont la Flandre a besoin. Car l’endroit où nous habitons, nos modes de déplacement, les infrastructures dont nous disposons et notre approche vis-à-vis des véhicules de société auront un impact sur la qualité de notre air, sur notre environnement et notre climat. Et dans ce contexte, toutes les décisions sont étroitement liées.

La fragmentation des compétences entre plusieurs partis politiques et divers échelons de pouvoir ne doit pas prêter le flanc à l’inaction. Les pays scandinaves sont capables de dépasser les clivages partisans et les enjeux électoraux et de faire des choix lorsqu’il est question de sujets d’envergure. Il n’y a donc aucune raison de ne pas y arriver chez nous.

 

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