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Mort tragique du petit Jesse : les questions auxquelles il faut répondre
10·02·22

Mort tragique du petit Jesse : les questions auxquelles il faut répondre

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

Skitterphoto via Pixabay

Le parquet vient d’ouvrir une enquête pour homicide involontaire à la suite du décès du petit garçon de 5 ans sur les voies de la gare centrale d’Anvers.

Et c’est bien normal. Il serait inconcevable de boucler un dossier aussi tragique à la va-vite. Il s’agit avant tout d’un coup du sort, d’un effroyable concours de circonstances à l’issue fatale. Il n’aura fallu qu’un instant pour que l’enfant échappe à la vigilance de sa mère avant de se diriger vers la rue, où il est sans doute passé inaperçu en raison de l’animation de la Keyserlei, prenne à droite vers la gare, emprunte le seul escalator dépourvu de passants et débouche sur un quai vide d’un bout à l’autre, et continue son bonhomme de chemin jusqu’à hauteur du tunnel et du passage de service qui se trouve au même niveau que les rails.

Reste que cette succession d’événements suscite des interrogations. La police aurait ainsi rapidement averti la SNCB avant d’entamer les recherches dans la gare, mais il aura fallu un certain temps avant que le message ne soit transmis à Infrabel. La SNCB et Infrabel sont deux sociétés distinctes : la première s’occupe de tout ce qui touche aux voyageurs, tandis que la seconde est responsable des infrastructures. L’interruption du trafic ferroviaire relève de la compétence d’Infrabel. Or selon une source sûre, le trafic n’a été mis à l’arrêt qu’après la découverte du corps du garçon par un conducteur de train. Près d’une demi-heure après l’alerte lancée par la mère.

Aurait-on pu ou dû intervenir ?

Sans doute une communication plus rapide avec Infrabel n’aurait-elle rien changé, étant donné que l’accident a eu lieu onze minutes après le premier appel à l’aide de la mère. Se pose également la question de savoir comment un bonhomme de 5 ans arrive jusque-là, après avoir traversé De Keyserlei et la station, sans que personne n’intervienne. Est-ce dû à la foule du boulevard et au quai désert du -2 ?

En tant que passant, on se dit peut-être que les parents d’un si jeune garçon ne peuvent être bien loin, sans y prêter réellement attention. Mais y a-t-il eu, quelque part, excès d’indifférence ?

Autre question : la gare est criblée de caméras de surveillance. Au centre de contrôle de la SNCB, un flot d’images défile en permanence. Mais on peut difficilement s’attendre à ce que le moindre recoin de la gare soit passé au peigne fin chaque minute. Les images des caméras de surveillance sont surtout utiles après-coup. Dernière question délicate : doit-on immédiatement interrompre tout le trafic ferroviaire lorsqu’un enfant s’est égaré ? En sachant ce qui est arrivé, la réponse ne fait aucun doute : absolument. Mais aurait-on pris une telle décision lundi dernier, à 14h30 ? S’il faut se méfier des analyses a posteriori, la moindre des choses est de s’interroger et de mener une enquête approfondie. Nous devons bien cela à Jesse.

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