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La Flandre est-elle vraiment tolérante envers les personnes LGBT?
11·08·22

La Flandre est-elle vraiment tolérante envers les personnes LGBT?

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

Photo by Sharon McCutcheon on Unsplash

La Flandre est tolérante ! C’est ce que semble indiquer le sondage réalisé par ce journal et VTM Nieuws à propos de l’acceptation des LGBT. La grande majorité (89% !) accorde à chacun·e le choix de son orientation sexuelle et la liberté de la vivre sans entrave. Mais le diable se cache dans les détails. Qu’implique cette liberté ?

Une partie des répondants fait marche arrière lorsqu’il s’agit de l’adoption d’un enfant par un couple homosexuel. Cette réticence porte même sur des choses plus futiles comme deux hommes – plus que deux femmes – marchant main dans la main. Une rencontre dans la rue qui procure un sentiment d’inconfort chez certaines personnes. Ce qui heurte encore plus que deux amoureux faisant du shopping, ce sont les transgenres : ceux qui se sentent prisonniers du corps dans lequel ils sont nés. Le mot d’ordre de la majorité ? Vivre et laisser vivre. C’est bien beau. Mais un quart des Flamands qualifie cette quête de « phénomène de mode », à l’instar de Herman Brusselmans qui s’interrogeait sur ce point dans l’émission de Kat Kerkhofs.

« Il est inacceptable qu’une personne LGBT sur quatre soit aujourd’hui la cible de menaces et de violences physiques. »

Ces doutes et ces réserves sur le principe d’acceptation générale ont-ils un véritable poids ? Force est de constater que tout le monde n’est pas encore convaincu. Mais la Belgique est un pays extrêmement tolérant. Chez nous, les LGBT peuvent se marier depuis près de 20 ans. Et le droit à l’adoption pour les personnes de même sexe a été consacré par une loi de 2006. On peut également subir une opération pour changer de sexe et recevoir un soutien psychologique. Une femme transgenre peut devenir vice-première ministre sans faire de vagues, comme en témoigne Petra De Sutter (Groen). Sur le plan politique, il existe un quasi-consensus sur les réglementations existantes. Y compris du côté de l’extrême droite, par opportunisme (ou non) pour combattre l’islam.

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Le problème n’est pas que certains Flamands considèrent une famille avec deux papas moins normale qu’une famille composée de parents de sexes opposés. Ou qu’ils ne comprennent pas encore bien le cheminement d’un transgenre vers sa vraie identité. Ou qu’ils se posent des questions. Le problème est que ces questions s’expriment encore, et bien trop souvent, sous forme de violence, mépris et discrimination. C’est là que le bât blesse.

« Une personne LGBT sur trois considère son orientation et son identité comme un obstacle à ses chances dans la société. »

Parce qu’il est inacceptable qu’une personne LGBT sur quatre soit aujourd’hui la cible de menaces et de violences physiques. Qu’une sur trois considère son orientation et son identité comme un obstacle à ses chances dans la société. Qu’à peine la moitié d’entre elles se sentent assez en sécurité pour montrer sa vraie nature dans l’espace public. Imaginez : dès que vous mettez le nez dehors, la peur vous pousse à vous retrancher. Cette homophobie, quelle que soit son origine, ne tolère pas la tolérance. Les pensées sont libres, mais la loi s’applique à tous. Cette peur s’estompe-t-elle ? Va-t-elle disparaître ? Ce n’est qu’à cette condition que la Flandre pourra se proclamer tolérante.

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