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Crise sanitaire : le diplôme du secondaire aura-t-il moins de valeur cette année?

Image par Comfreak de Pixabay

28 avril 2021

Crise sanitaire : le diplôme du secondaire aura-t-il moins de valeur cette année?

Temps de lecture: 3 minutes

Les employeurs et l’enseignement supérieur sont invités à encadrer davantage les étudiants fraîchement diplômés. En raison de deux années académiques marquées par la pandémie, les jeunes termineront leurs études avec moins de bagages. Leur diplôme a-t-il moins de valeur pour autant ? « Les compétences terminales seront atteintes », affirme Dirk Lenaerts, directeur d’établissement. « Mais les étudiants pourront-ils s’insérer comme il se doit dans l’enseignement supérieur, et y sont-ils aussi bien préparés qu’avant ? La réponse est non ».

Au début de l’année, Ben Weyts (N-VA), ministre flamand de l’Enseignement, a mis sur pied un groupe de travail afin de se pencher sur des questions telles que le retard d’apprentissage et le bien-être des élèves. Les pédagogues, psychologues, étudiants et autres organisations, tous réunis autour de la cause, ont à présent fini leurs devoirs. Dimanche soir, tous les directeurs d’école ont reçu un e-mail faisant état de l’avis du groupe.

« Attention aux étudiants diplômés en juin »

La rédaction du Nieuwsblad a pu consulter la note, qui comporte dix recommandations, et un passage pour le moins frappant : l’équipe d’experts incitent les établissements de l’enseignement supérieur et les employeurs à accorder une attention toute particulière aux étudiants qui terminent leur cursus en juin. En effet, le parcours des élèves de rhéto s’est vu fortement chamboulé au cours des deux dernières années.

Les élèves en question ont d’abord accusé du retard à cause du confinement durant l’année académique précédente. S’en est suivi l’enseignement à distance, mis en place dans les deuxième et troisième degrés du secondaire. Les élèves ont pour la plupart assisté aux cours, mais pas toujours dans des conditions optimales. Cette année, des spécialistes ont tiré la sonnette d’alarme en février, soulevant l’impossibilité de rattraper le retard académique accumulé tout en continuant à assimiler de nouvelles matières. « Les élèves du deuxième degré auront le temps de combler leurs lacunes dans les années à venir », déclare Sam Heyerick, directeur d’une école technique à Deinze. « En revanche, celles et ceux qui terminent leurs études secondaires cette année n’auront bien entendu pas cette possibilité. »

Se pose la question de savoir si leur diplôme aura moins de valeur pour autant. « Les élèves qui bouclent leurs études auront, quoi qu’il en soit, atteint les compétences terminales », précise Dirk Lenaerts, directeur du Sint-Agnesinstituut à Hoboken. « Mais pourront-ils s’insérer comme il se doit dans l’enseignement supérieur, et y sont-ils aussi bien préparés qu’avant ? La réponse est non. La transition sera plus compliquée qu’il y a deux ans. »

Des programmes élagués

Difficile de déterminer dans quelle mesure les connaissances et les compétences acquises feront défaut par rapport à la période pré-corona. Certains étudiants parviennent à se maintenir à flot à distance. Mais force est de constater que des programmes ont été élagués. Dans sa note, le groupe de travail recommande d’ailleurs aux écoles de parcourir toute la matière dans les semaines à venir, sans supprimer les compétences terminales – les objectifs minimaux à atteindre. Ce à quoi de nombreux directeurs d’établissement réagissent en haussant les épaules, car ils n’ont pas attendu ce conseil avant de prendre cette décision. Dans la plupart des écoles, les examens et l’évaluation devraient se dérouler comme au bon vieux temps.

Les problèmes majeurs semblent se situer dans les filières technique et professionnelle, où de nombreux travaux pratiques sont passés à la trappe. « D’aucuns craignent que les qualifications requises ne soient pas atteintes », peut-on lire dans la note du groupe de travail. Le Voka, organisation qui représente les employeurs flamands, partage cette inquiétude. « Inévitablement, les étudiants diplômés ne disposeront pas des mêmes acquis au départ », avertit Eric Laureys, porte-parole du réseau. « Il y a eu moins d’heures en présentiel, ce qui s’avère surtout problématique pour les formations pratiques. Des disciplines telles que la menuiserie ou la construction ne s’apprennent que sur le terrain. »

L’appel du groupe de travail à davantage accompagner les étudiants fraîchement diplômés n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. « Les employeurs apporteront également leur pierre à l’édifice », confirme Eric Laureys. Au niveau de l’enseignement supérieur, la KU Leuven attend de voir quels seront les prérequis pour les jeunes en début de carrière. Tine Baelmans, vice-rectrice en charge de l’enseignement, se veut rassurante : « Actuellement, il est encore difficile de prévoir l’évolution des choses, mais nous encadrerons davantage les étudiants en première année si nécessaire. »

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