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Crise du Covid : une chance pour les politiques… et pour les écoles ?

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14·04·21

Crise du Covid : une chance pour les politiques… et pour les écoles ?

Temps de lecture : 2 minutes
Liliana Casagrande
Auteur⸱e
Guilhem Lejeune
Traducteur⸱trice Guilhem Lejeune

Le coronavirus est un fléau, mais il nous aide à distinguer l’essentiel de l’accessoire. Par le passé, il fallait une actualité exceptionnelle pour que les projecteurs se braquent sur le ministre de l’Enseignement : des parents qui devaient aller jusqu’à camper devant les écoles pour y inscrire leurs enfants ou la rénovation d’un nouveau bâtiment scolaire qui se faisait attendre depuis plus de vingt ans… Désormais, l’attention se porte sur un élément nettement plus simple, mais bien plus fondamental : le maintien de l’ouverture des écoles. En cette période de pandémie, les attributions dont peut se prévaloir la N-VA sont rares. À l’exception notable de l’enseignement. Le parti en a donc fait son cheval de bataille. Reste à savoir contre qui il bataille, puisque tout le monde souhaite que les écoles restent ouvertes.

Le ministre de l’Enseignement du gouvernement flamand, est déjà parvenu à beaucoup faire parler de lui.

Il ressort d’une étude des politologues Stefaan Walgrave et Ine Kuypers (Université d’Anvers) que Ben Weyts, le ministre de l’Enseignement du gouvernement flamand, est déjà parvenu à beaucoup faire parler de lui. De tous les responsables politiques invités au journal du soir de VTM et de la VRT, c’est en effet celui qui a bénéficié du plus grand temps de parole. Seuls les virologues Marc Van Ranst, Steven Van Gucht et Pierre Van Damme le dépassent. Cette étude se concentrait sur la première vague, certes, mais il n’en reste pas moins frappant que Ben Weyts a pu s’exprimer près de deux fois plus que Wouter Beke, le ministre flamand du Bien-être (CD&V). De deux choses l’une : soit Weyts est intervenu trop souvent, soit Beke pas assez. Partons sur la seconde option.

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L’opposition des Wallons, évidemment.

Voilà quelques années que la N-VA cherche à s’imposer dans le domaine de l’éducation. Mais il arrive que les choses dérapent. Ainsi, il y a quelques semaines, le ministre-président flamand, Jan Jambon, a d’abord annoncé fièrement avoir obtenu, au sein du Comité de concertation, le maintien de l’ouverture des écoles maternelles… avant que Weyts ne doive finalement plier — à cause de l’opposition des Wallons, évidemment. Un coup dur pour les nationalistes flamands. Quoi qu’il en soit, ce psychodrame aura abouti à la décision, lundi, de laisser les choses en l’état. Car les écoles n’en peuvent plus de toutes ces règles qui changent sans cesse. La semaine dernière, certaines d’entre elles ont d’ailleurs décidé, sans attendre l’avis des autorités, de ne pas rouvrir totalement après les vacances de Pâques.

Le retard d’apprentissage

Sans compter qu’au milieu de tous ces débats, les écoles sont aux prises avec un autre problème, qui, lui, continue de couver : le retard d’apprentissage. Le phénomène s’observait déjà avant la crise du coronavirus, surtout dans les anciennes communes minières, mais il fait désormais tache d’huile. Nombre d’établissements s’emploient d’ailleurs à le quantifier eux-mêmes. Une reprise en main dont on ne peut que se réjouir, car les institutions de Bruxelles ou l’OCDE, à Paris, ont beau se livrer à toutes sortes d’études et d’analyses, c’est aux écoles qu’il revient, en définitive, de tirer les oreilles à leurs élèves lorsqu’ils se fourvoient. La pandémie leur offre l’occasion de s’attaquer aux racines du mal — encore faut-il qu’elles la saisissent.

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