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(cc) Chipili

15 septembre 2016

Crédits-temps : les femmes se mettent la pression

Temps de lecture: 2 minutes

Comment combiner vie professionnelle et vie familiale ? Voilà un sujet qui n’a pas fini de faire couler de l’encre. À ce jour, la meilleure réponse qu’on ait trouvée à cette question est l’augmentation des crédits-temps pour raisons familiales. Cependant, une étude démontre que cette solution n’est peut-être pas si simple que cela.

Les femmes qui restent un jour par semaine chez elles, généralement pour rendre cette combinaison plus supportable, se sentent plus stressées et débordées que celles qui travaillent à plein temps. Il est évidemment difficile de définir les causes d’un sentiment aussi subjectif.

Selon l’étude, une partie des hommes voient dans le crédit-temps des femmes un retour vers les années cinquante. Autrefois, les tentatives de répartir équitablement les tâches ménagères étaient pour le moins ambiguës. Aujourd’hui, le modèle de l’époque a repris force et vigueur dans de nombreuses familles, où l’on n’hésite pas à faire des économies en se passant de l’aide-ménagère ou en dépensant moins pour le ménage. De nombreuses femmes travaillant à temps partiel apprennent alors à leurs dépens que les titres-service ont plus fait que les crédits-temps pour concilier vie professionnelle et vie privée.

Bien des hommes rétorqueront qu’ils n’ont jamais demandé à leur femme de consacrer toute cette journée au ménage et aux enfants, et que leur femme n’apprécie pas qu’ils essaient de faire ce travail à leur place. C’est un facteur dont il faut aussi tenir compte. Il n’est pas rare que cette pression, les femmes se l’imposent à elles-mêmes à cause d’attentes supposées des autres. Se pourrait-il que des femmes employées à temps partiel estiment soudain qu’elles n’ont plus d’excuses si leur ménage n’est pas parfaitement fait ? Même si personne ne leur en a jamais fait la remarque ?

L’étude propose, entre autres solutions, d’augmenter la flexibilité dans les heures d’ouverture des commerces et de développer l’offre de garderies à l’école. Mais qui dit plus de flexibilité pour l’une, dit aussi difficulté d’allier vie professionnelle et vie familiale pour l’autre. Si le magasin ouvert plus tard aide le client, il faut bien que quelqu’un le tienne.

Ce n’est pas pour autant qu’il faut abolir sur-le-champ les crédits-temps et autres mesures apparentées. Mais force est de constater que dans un monde aussi agité, aucune formule miracle ne permettra de tout combiner.

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