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A l’abri sous son toit… ou pas

(cc) pxhere

5 septembre 2019

A l’abri sous son toit… ou pas

Temps de lecture: 2 minutes

La plaie du Paardenmarkt à Anvers, due à l’énorme explosion de gaz au mois de janvier de l’année passée, est encore ouverte. Un immeuble du centre-ville s’est complètement effondré, plusieurs bâtiments ont subi de lourds dégâts, et deux personnes n’ont pas survécu à la catastrophe. Le trou béant où se trouvait autrefois le restaurant Primavera n’a toujours pas été comblé. La procédure judiciaire quant à la responsabilité du propriétaire risque de durer.

Mardi, une nouvelle scène de guerre s’est déroulée en pleine ville, à Wilrijk cette fois, entre le Kiel et le cimetière Schoonselhof, dans un quartier paisible à cheval entre l’A12 et l’Escaut. Le matin suivait son cours ordinaire, les enfants se rendant à l’école du coin pour leur deuxième jour de cours, et les riverains, masse hétéroclite, vaquant à leurs occupations quotidiennes. Jusqu’au moment où une détonation assourdissante a retenti. Trois maisons ont été réduites en ruines sur-le-champ. Plusieurs victimes ont survécu au drame, ce qui relève du miracle au regard des ravages de l’explosion.

Tout le monde a d’emblée pensé à une fuite de gaz, alors que les enquêteurs tentaient encore de déterminer la cause de l’accident. L’explosion survenue l’an dernier avait déjà suscité des questions quant à l’habitabilité des immeubles vétustes de la ville et aux contrôles effectués. À l’époque, certains riverains s’étaient plaints d’une odeur de gaz. Les autorités anversoises ont alors rétorqué que la commune avait bel et bien suivi les procédures d’usage. Les discussions ont eu lieu et ont débouché sur une action du parquet à l’encontre du propriétaire, qui n’aurait pas entretenu son bien conformément aux normes.

Une attitude négligente dans l’entretien des maisons ou la réalisation de travaux peut entrainer des conséquences désastreuses. Il reste à déterminer si, cette fois-ci, des manquements humains sont à l’origine du drame. Le jour même, des témoins ont évoqué une « odeur de gaz pénétrante », tandis que la version officielle n’en faisait pas encore état.

Doit-on se poser des questions quant aux procédures qui suivent les signalements d’odeur de gaz ? Il est tout de même invraisemblable qu’un quartier résidentiel de la ville soit le théâtre d’une scène de guerre deux fois de suite. Gageons qu’il ne s’agisse là que d’une malheureuse coïncidence. Et bien entendu, que l’incident fasse l’objet d’une enquête rapide et approfondie, en toute transparence. L’assurance de ne pas voir son toit s’écrouler sur soi, voilà la moindre des choses que tout habitant est en droit d’espérer.

 

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