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Formation du gouvernement flamand : retour vers les seventies

(cc) MichaelGaida via Pixabay

6 septembre 2019

Formation du gouvernement flamand : retour vers les seventies

Temps de lecture: 2 minutes

L’OCDE demande que le gouvernement flamand investisse chaque année 5 % du produit intérieur brut. C’était le cas dans les années 70, puis tout a pris fin, raison pour laquelle nous vivons dans les années septante depuis plus longtemps que nous le souhaiterions.

Pour les négociateurs flamands, le temps est compté. Eux-mêmes ont affirmé vouloir former une nouvelle coalition suédoise d’ici l’ouverture de l’année parlementaire. L’idéal serait de conclure les négociations à la mi-septembre : il ne leur reste donc que quelques semaines. Toute la question est de savoir sur quoi porteront les différences. Car au fond, il s’agit tout simplement d’une Suédoise bis. Pourtant, les électeurs ont clairement exprimé leur opinion au sujet de ces partis, qui ont, conjointement, perdu pas moins de 19 sièges (sur 124) — il leur faudra donc donner l’impression, à tout le moins, qu’il s’agit là d’un tout autre gouvernement.

La deuxième Suédoise s’inscrit dans le sillage de la première. Elle ne peut donc pas faire table rase des précédentes politiques. Le « stop au béton », rebaptisé « décalage de construction », par exemple, doit être refinancé. Le gouvernement précédent avait promis que quiconque verrait sa propriété perdre de la valeur serait indemnisé à 100 %. Difficile, donc, de revoir ce chiffre à la baisse. Il est aussi possible d’aller chercher l’argent chez ceux qui misent déjà sur le décalage de construction pour s’enrichir, car il y en a.

Dans tous les cas, le gouvernement flamand devra également investir. Combien devront-ils débourser ? Plus que la Suédoise précédente, semble-t-il. L’OCDE, l’organisation des pays riches, demande que le gouvernement flamand investisse chaque année 5 % du produit intérieur brut. C’était le cas dans les années 70, puis tout a pris fin, raison pour laquelle nous vivons dans les années septante depuis plus longtemps que nous le souhaiterions. À l’heure actuelle, le gouvernement investit un peu plus de 2 %.

Il faudrait donc faire bien mieux, mais pour les négociateurs, les 5 % de l’époque semblent être un rêve de l’époque révolue des hippies.

Si l’on dresse l’inventaire de tous les besoins, le budget actuel du gouvernement flamand devrait presque doubler : nous avons besoin de nouveaux bâtiments scolaires, de recruter davantage de personnel dans les maisons de repos, d’affecter plus de fonds aux personnes handicapées et à l’aide à la jeunesse, de plus de trams, de bus et de pistes cyclables…

Bien entendu, la création d’emplois est la meilleure façon de financer tout cela. Mais est-ce suffisant ? Si la Flandre a vocation à devenir la Scandinavie, comme l’affirme la note de départ, il s’agira de simplifier, de dégraisser — et donc d’économiser.

Le gouvernement flamand expliquera bientôt — lors de l’annonce de son programme de gouvernement — où les coupes seront opérées et quel sera leur impact sur les citoyens. Une nouvelle qui sera exposée avec moins de bruit et plus d’enfumage que les investissements, mais qui pourrait avoir un retentissement considérable.

 

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