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22 février 2017

Routes aériennes: le nouveau BHV du gouvernement belge

Temps de lecture: 2 minutes

La dernière concertation sur les normes de bruit à Bruxelles n’a débouché sur rien. Le débat se porte désormais aussi sur les routes aériennes, au sujet desquelles le gouvernement fédéral même n’arrive pas à se mettre d’accord. Chronique d’un « dossier de merde » qui refait surface.

« Un coup dans l’eau », « des discussions de façade » : les réactions entendues dimanche après la concertation entre le gouvernement fédéral et les régions sont franchement négatives. La pomme de discorde reste la tolérance zéro introduite par Bruxelles en cas de non-respect des normes de bruit.

Dans l’espoir de trouver une solution, tous les regards se tournent vers le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot (MR). Mais celui-ci a déçu tout le monde en n’émettant pas la moindre proposition ce dimanche. Il voulait uniquement faire office de médiateur. « Les normes de bruit sont une compétence régionale, explique son cabinet. Et nous respectons cela. »

Au Comité de concertation de ce matin, le premier ministre Charles Michel devra reprendre en main ce dossier très communautaire. Le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) devrait faire une proposition. Et le cabinet de la ministre bruxelloise Céline Fremault (CDH), qui ne s’attend pas à grand-chose de sa part, d’ironiser : « Dimanche, Geert Bourgeois n’a mis aucune idée sur la table. Il devra sans doute passer une nuit blanche pour trouver une proposition. »

La Flandre introduira aujourd’hui une deuxième procédure en conflit d’intérêts si aucun compromis n’est trouvé, ce qui semble très probable.

Un « dossier de merde »

Mais petit à petit, il apparaît que le gouvernement fédéral ne pourra plus éviter longtemps le débat sur une juste répartition des routes aériennes, ni sur la Vliegwet, qui règle la dispersion des vols. Le « dossier de merde », comme l’avait appelé à l’époque Bert Anciaux (SP.A), refait surface. Michel voulait éviter une nouvelle escalade en se basant sur la Vliegwet qui définit clairement les procédures de modification des routes aériennes. Mais le conflit sur les normes de bruit force Bellot à retravailler cette loi.

Même si Bellot se considère comme un simple médiateur entre les régions, son cabinet sait que les dossiers sur les routes aériennes et les normes de bruit sont liés, quoi qu’on en dise.

Le gouvernement fédéral débat déjà discrètement des routes aériennes, qu’ils lient à un grand plan de Bellot qui prévoit également des aménagements techniques. Les partis de la majorité n’ont pas encore trouvé de compromis. Comme nous l’a expliqué une source gouvernementale : « Nous n’allons pas résoudre en quelques jours ce dossier qui traîne depuis quinze ans. »

En attendant, chaque idée proposée donne lieu à un nouveau séisme. Ainsi, lorsque le ministre bruxellois Guy Vanhengel (Open VLD) a proposé de déplacer de 1 800 mètres l’aéroport, il a été rappelé à l’ordre par sa présidente Gwendolyn Rutten. Et Eric Van Rompuy (CD&V) y voyait une manœuvre pour faire peser la charge sur la périphérie est flamande de Bruxelles. « Une provocation de la capitale », juge-t-il.

En voulant se baser sur la Vliegwet, Michel pourrait provoquer ce qu’il entendait éviter. Toute la discussion s’empêtre dans les intérêts politiques autour de Bruxelles. Comme on le dit du côté du gouvernement bruxellois : « Ce dossier a tout pour devenir le BHV de ce gouvernement. »

Eveline Vergauwen et Pieter Lesaffer

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