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29 février 2016

Le RER bruxellois victime d’incompétence et de mégalomanie

Temps de lecture: 2 minutes

Si le fonds RER est épuisé, c’est parce qu’on a dépensé trop d’argent dans des projets démesurés, comme la mise sous toiture de la gare de Boitsfort. C’est l’opinion de Stefan Steynen, de l’association flamande des navetteurs TreinTramBus. Steynen plaide par ailleurs pour un plus grand nombre de trains et une promotion intensive des lignes (sub)urbaines qui sont déjà prêtes.

Depuis des années, le réseau suburbain autour de Bruxelles est un vrai casse-tête. Entretemps, les 2 milliards d’euros du fonds RER sont pratiquement épuisés. Alors qu’il en faudrait encore 920 millions pour achever tous les travaux. Résultat : entre autres, les nouvelles voies et les nouveaux quais entre Bruxelles et Ottignies ne sont qu’à moitié terminés. Et la situation pourrait encore durer.

D’après l’association TreinTramBus, on a non seulement sous-estimé les coûts, mais on a aussi fait de mauvais choix. « On a fait tout et n’importe quoi avec cet argent », affirme Stefan Steynen dans le studio de tvbrussel. « On est en droit de se poser des questions face à la mégalomanie de certains projets. La gare de Boitsfort, par exemple, que l’on a enfermée dans un étui de béton géant. Un projet coûteux, qui n’était peut-être pas nécessaire. »

« Le monde à l’envers »
La couverture de la gare de Boitsfort devait limiter les nuisances pour les riverains. Un parc était prévu sur le nouveau tunnel. « La demande a dû venir de quelqu’un, mais ce tunnel était-il vraiment d’intérêt public ? Et à bien d’autres endroits encore, on a opté pour des infrastructures lourdes. Aujourd’hui, les coûts nous restent en travers de la gorge ».

L’autre problème, c’est le manque d’objectif clair dans la réalisation de ces travaux. « On s’est attelé à la construction de l’infrastructure sans savoir exactement quels trains allaient l’utiliser », semble-t-il. « Jusqu’à présent, nous n’avons toujours aucune vision claire des lignes qui seront disponibles lorsque tout sera terminé. L’étude censée définir l’offre, lancée à l’époque où Etienne Schouppe était encore secrétaire d’Etat, n’a jamais été finalisée. C’est le monde à l’envers ! Avant toute chose, il faut savoir quels trains doivent circuler où, et à quelle vitesse. Ensuite seulement on peut prévoir l’infrastructure adéquate. »

« Dix minutes de Bordet à Schuman »
Steynen insiste par ailleurs sur le fait qu’une bonne partie de l’infrastructure est déjà disponible. Il suffit simplement de mieux l’exploiter ou, dans de nombreux cas, de mieux la faire connaître.

« Il y a déjà beaucoup de lignes ferroviaires qui pourraient accueillir plus de trains. Il faut aussi intensifier la publicité pour les nombreuses petites gares bruxelloises. Peu de gens savent qu’outre les trois grandes gares (Nord, Midi et Central), il existe encore trente autres arrêts. Dans certains cas, l’offre est encore limitée. Mais avec l’ouverture des nouveaux tunnels entre Schuman et Meiser, en avril prochain, il sera par exemple possible de relier Bordet à Schuman quatre fois par heure en dix minutes à peine. Aucun autre moyen de transport ne peut en faire autant. »

Tunnels fermés
TreinTramBus plaide en outre pour les parkings périphériques, une réforme de la fiscalité automobile et des tarifs intégrés entre les différentes sociétés de transport à l’intérieur et autour de Bruxelles. Une fois ces conditions remplies, il sera possible de fermer les tunnels routiers et de réduire la pression automobile, semble-t-il encore.

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