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25 septembre 2018

Un grand jour pour le gouvernement flamand! Quoique…

Temps de lecture: 2 minutes
Yves Lambrix
Auteur
Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

Un gouvernement dont le budget annuel de 45 milliards d’euros exclut l’énorme coût du bouclage du Ring d’Anvers n’a pas de quoi se vanter d’avoir maintenu l’équilibre budgétaire. Pourtant, c’est ce qui s’est passé hier.

Hier, à 14 heures, au parlement flamand, nous avons pu assister à un magnifique défilé : les députées et députés ont sorti leurs robes et costumes les plus tendance pour célébrer le lancement de la dernière année de cette législature. Pardon : de leur dernier trimestre, car les élections communales et la campagne pour les élections flamandes du mois de mai 2019 provoqueront une forte baisse de l’assiduité au travail. Ceci dit, il s’agissait quand même d’un grand jour pour les neuf ministres et les 124 élus qui siègent au parlement.

Et très certainement pour le président du parlement, Jan Peumans, dont c’est la dernière séance d’ouverture étant donné son départ à la retraite à la fin de la législature actuelle. Tous, amis comme ennemis, reconnaissent que l’homme de 67 ans, originaire de Riemst, a sans doute été le meilleur président que l’assemblée ait jamais eu. Pendant ses dix ans de présidence, Jan Peumans a su, mieux que quiconque, éviter que le parlement soit le brave toutou du gouvernement, et assurer que les droits de l’opposition soient respectés à tout moment. Par sa disponibilité, sa sympathie et son humour, il a conquis les cœurs des 600 travailleurs de l’institution. Bien plus que ses prédécesseurs Norbert De Baetselier ou Marleen Vanderpoorten, il a réussi à incarner le visage du parlement flamand.

Pour Geert Bourgeois aussi, c’était une dernière. Le ministre-président de 67 ans est venu présenter et commenter son ultime déclaration de politique générale. Le citoyen d’Izegem est un homme politique très honorable, mais il faut bien avouer que son gouvernement ne laissera pas de grande trace dans l’histoire flamande. L’équipe de Geert Bourgeois est trop grise et suffisante pour mener de grandes réformes, et elle manque d’audace et de volontarisme. Trop de demi-mesures et de dossiers délicats bétonnés dans des projets pilotes ou renvoyés à la prochaine législature, comme en témoignent la réforme de l’enseignement, le « betonstop » (réforme qui vise à interdire les nouvelles constructions à partir de 2040) et la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Aussi, un gouvernement dont le budget annuel de 45 milliards d’euros exclut l’énorme coût du bouclage du Ring d’Anvers (la fameuse liaison Oosterweel) n’a pas de quoi se vanter d’avoir maintenu l’équilibre budgétaire. Pourtant, c’est bel et bien ce qui s’est passé hier.

Et finalement, parlons des députés flamands. Si certains travaillent très dur, d’autres estiment qu’une journée de travail en commission et un après-midi de plénière par semaine suffisent à justifier leur salaire de 6 000 euros nets par mois. Certains inondent le parlement de questions pour masquer leur manque de travail, d’autres se comportent en marionnettes des ministres dans l’espoir que leur soit garantie une belle place sur les prochaines listes électorales. Si ce parlement veut se débarrasser de l’étiquette de lilliputien qui lui colle à la peau, il serait temps qu’il mène d’autres réformes, comme la diminution du nombre de parlementaires à 83 ou 62. Souvent, en politique, less is more. Mais qui est prêt à donner le coup d’envoi de ces travaux-là ?

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