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26 septembre 2018

La politique des paroles en l’air contre celle des mesures concrètes

Lundi, la Flandre a été témoin de deux manières totalement différentes de faire de la politique. Au Parlement flamand, le ministre-président Geert Bourgeois (N-VA) a présenté sa déclaration de septembre. Comme prévu, ce fut un discours sérieux, un brin ennuyeux, une litanie de mesures que ses ministres ont prises ou doivent encore prendre. Parallèlement, un débat houleux s’est engagé entre les responsables politiques de droite et de gauche à propos des « testings » sur le marché locatif et de la politique énergétique.

Une étude du professeur Pieter-Paul Verhaeghe a montré qu’à Anvers, les citoyens ayant un nom à consonance arabe étaient nettement moins souvent invités à visiter un logement que ceux qui s’appellent Piet ou Els. Sur la base de ses conclusions, le professeur plaide donc pour la mise en place de testings afin de s’attaquer aux discriminations.

Fons Duchateau, l’échevin anversois chargé des Affaires sociales, ainsi que Liesbeth Homans, la ministre flamande du Logement, tous deux N-VA, n’ont pas tardé à sortir l’artillerie lourde : cette étude serait manipulée à des fins politiques, puisqu’elle préconise, juste avant les élections, une mesure proposée par la plupart des partis de gauche ; le professeur aurait des liens avec le PTB (Verhaeghe le conteste fermement et aucune preuve en ce sens n’a été apportée) ; les testings sont inutiles ; enfin, selon Homans, il va de soi que les propriétaires préfèrent des locataires aux revenus stables…

Mais il n’est en rien question de revenus. Plutôt de personnes qui disposent de revenus tout à fait respectables, mais n’ont pas le bon nom : de discrimination sur le marché locatif, en somme. Il se peut que les testings ne soient pas la meilleure manière de résoudre ce problème. Il se peut aussi que cette étude paraisse à un moment très particulier. A-t-on pour autant avancé ne serait-ce que d’un iota vers la recherche d’une solution ? Pas du tout.

Hier, on a assisté à des querelles identiques sur l’approvisionnement en énergie. « Ce gouvernement n’a rien fait pour remplacer les centrales nucléaires », s’est emporté Daniel Termont (sp.a). Et Bart De Wever (N-VA) de répondre : « Prétendre que l’on peut résoudre le problème avec le soleil et le vent est une fable ridicule. » Un point partout. Et maintenant ? Peut-être ferons-nous face à une pénurie d’électricité en novembre. Et pourquoi ? Parce que cela fait déjà quinze ans que l’on a ce genre de discussions sans que la moindre décision soit prise.

Le discours de Geert Bourgeois était peut-être ennuyeux, mais il était concret, il portait sur des mesures et des décisions. Qu’on les approuve ou non, elles ont été prises. Tout le contraire des paroles en l’air avec lesquelles on nous a rabâché les oreilles hier.

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