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La N-VA, honte de l’Europe

photo pixabay (cc)

1 avril 2020

La N-VA, honte de l’Europe

Temps de lecture: 2 minutes

Dans le magazine Humo, Bart De Wever se dit au désespoir : le président de la N-VA ne comprend pas les raisons qui ont poussé ses homologues francophones Paul Magnette (PS) et Georges-Louis Bouchez (MR) à torpiller ses tentatives, pourtant « honnêtes », de former un gouvernement d’urgence afin de s’attaquer, ensemble, à la crise du coronavirus. La reconstruction de ces négociations, publiées notamment dans ce journal, avait en effet mis en lumière une suite d’indélicatesses et de coups fourrés.

N’oublions tout de même pas les antécédents. Après des années de campagne de dénigrement au sein même du gouvernement, et après avoir brutalement claqué la porte de ce dernier à la suite du pacte de Marrakech, on peut comprendre que les élus francophones ne débordent pas d’enthousiasme à l’idée de reformer une coalition avec les nationalistes flamands.

A-t-on jamais vu pareille étroitesse d’esprit ?

Heureusement, on peut compter sur la N-VA pour nous rafraîchir la mémoire. Au Parlement européen, lors du vote sur l’importantissime Fonds de solidarité « Coronavirus », les trois députés N-VA ont eu l’audace de s’abstenir. Les seuls dans tout l’hémicycle, à l’exception de deux autres hurluberlus d’extrême-droite. Motif du refus : une part jugée trop importante des fonds de la Belgique irait à la Wallonie.

Premièrement : dans les faits, cette justification ne vaut pas un clou. Ce fonds de soutien porte sur une simple réaffectation des moyens existants, soumis à une clé de répartition approuvée de longue date. Il aurait fallu ouvrir une toute nouvelle phase de négociation pour changer la donne, ce qui aurait pris des années. Alors que c’est maintenant que l’UE doit agir, comme l’a d’ailleurs très justement martelé… la N-VA.

Mais surtout : a-t-on jamais vu pareille étroitesse d’esprit ? Comment peut-on à ce point perdre le sens des priorités dans un moment d’urgence comme celui-ci ? Alors que le coronavirus ravage la planète, la N-VA se met à faire ses comptes d’apothicaire pour savoir combien ira à la Wallonie. Franchement, quel responsable politique francophone voudrait envisager de s’allier à un tel partenaire ?

Tel un coq sans tête, la N-VA court à sa perte.

Les indulgents nous diront que nous traversons des temps chahutés, que la nervosité ambiante nous pousse tous à commettre des erreurs d’appréciation, que même à la N-VA, la plupart savent que cette prise de position n’était sans doute pas la meilleure.

Inutile de se leurrer. Au Conseil européen, le gouvernement belge a été (de nouveau) le seul à s’abstenir sur cette même question du Fonds de solidarité. Il ne pouvait agir autrement, coincé par le véto du gouvernement flamand sous pavillon N-VA.

Tel un coq sans tête, la N-VA court à sa perte. Le matin, elle reproche au gouvernement Wilmès de ne pas en faire assez. Le midi, par l’entremise de Jan Jambon, le parti estime que la Première ministre en fait justement un peu trop. Grâce aux nationalistes, la Belgique est désormais la honte de l’Europe.

Quelle déchéance pour ce parti et ses respectables représentants. Mais aussi pour l’essence même de leur programme. Car ce que la Belgique a montré ces derniers jours – à notre grand désespoir – au sein des institutions européennes correspond en tous points à ce que la N-VA souhaite généraliser. Une façon de faire de la politique qui porte un nom. Le confédéralisme.

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