Egbert Lachaert quitte Anders (ex-Open VLD) et siègera désormais comme parlementaire indépendant. Mais pour combien de temps ? Le flanc droit des libéraux est en effervescence.
« Après mûre réflexion, j’en suis arrivé à la conclusion que la liberté d’un parlementaire indépendant me donnera beaucoup plus de latitude pour porter la voix de mes électeurs. » C’est en ces termes qu’Egbert Lachaert a annoncé sur les réseaux sociaux qu’il tirait définitivement sa révérence à Anders, le parti libéral flamand dont il a autrefois été président. Le psychodrame autour de son poste de chef de groupe, il y a deux semaines, aura été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
Il est le deuxième parlementaire flamand à claquer la porte du parti depuis les élections, après Maurits Vande Reyde, un an et demi plus tôt. En peu de temps, le groupe parlementaire flamand d’Anders est ainsi passé de neuf à sept élus.
Pour les déçus d’Anders, une alternative se dessine à droite de l’échiquier politique. Du côté de Durf, le mouvement lancé par Vande Reyde, comme au MR-Flandre, on s’active. Durf se présente pour l’instant comme un mouvement — pas un parti —qui planche, en dehors de l’arène politique, sur la réduction des subventions et de l’intervention de l’État. Vande Reyde en est une sorte d’ambassadeur au Parlement. Mais en coulisses, l’envie de se lancer dans la course électorale de 2029 démange les initiateurs du projet. Plusieurs sources le confirment. Rien n’est encore tranché, mais le succès de Durf sur les réseaux sociaux le laisse entendre. Pour l’heure, en tout cas, il n’y a eu aucun contact avec Lachaert, précise Vande Reyde.
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MR-Flandre
Plusieurs figures proches de Durf gravitent également autour de la mission exploratoire lancée par le président du MR, Georges-Louis Bouchez. Il avait annoncé qu’une décision sur l’implantation du MR en Flandre ne tomberait pas avant début 2028, mais le calendrier pourrait se resserrer. Les derniers sondages, qui prédisent un recul du MR en 2029, poussent en tout cas Bouchez à vouloir le compenser, au moins en partie, par des sièges flamands à la Chambre.
Parmi les figures communes aux deux projets : Dimitri Dedecker, le fils de Jean-Marie, et Peter Reekmans, le bourgmestre de Glabbeek, deux hommes qui avaient déjà planché en 2023 sur une éventuelle relance nationale de la Lijst Dedecker (LDD). Rudy Aernoudt, chef de cabinet néerlandophone de Bouchez, était lui aussi de la partie à l’époque. Egbert Lachaert, d’ailleurs, les connaît bien pour avoir lui-même exploré, à ce moment-là, l’idée de les rejoindre.
« La question n’est pas de savoir s’il y aura un nouveau parti, mais bien quand. »
Côté MR non plus, rien n’est décidé, mais le dossier avance : il serait question de mettre en place, dans les prochains mois, une structure provinciale, avec des responsables par province chargés de bâtir l’ossature du futur MR-Flandre.
À terme, ces structures pourraient bien fusionner avec le travail de fond mené par Durf, pour donner naissance à un nouveau parti de droite libérale. « La question n’est pas de savoir s’il y aura un nouveau parti, mais bien quand », assure-t-on dans ces cercles de droite. Cette future formation ne viendrait d’ailleurs pas seulement tailler des croupières à Anders, mais aussi à la N-VA.
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Quelle figure de proue ?
Si ce parti voit le jour, il devra encore trouver une véritable figure de proue à l’échelle nationale. Vande Reyde est aujourd’hui le visage de Durf, mais il n’a jamais été un champion des urnes. Or l’histoire a montré l’importance d’un leader. Les tentatives de faire émerger un parti de droite libérale en Flandre ne manquent pas, seul le populaire Jean-Marie Dedecker y est parvenu, avec la LDD, de 2007 à 2014.
Avant lui, deux libéraux anversois s’y étaient déjà essayés : Ward Beysen avec son Liberaal Appèl en 2003, puis Hugo Coveliers avec VLOTT en 2005, sans qu’aucun ne perce vraiment. Reste à voir jusqu’où ira cette nouvelle tentative. Et surtout, quel choix fera Lachaert. Pour l’instant, il se garde bien de montrer son jeu.
Juste avant les dernières élections, DaarDaar a interviewé Egbert Lachaert, à ce moment président de l’Open VLD. Retrouvez la vidéo ici :