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Terrorisme: Divisée en 19 communes, Bruxelles pose problème

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18 novembre 2015

Terrorisme: Divisée en 19 communes, Bruxelles pose problème

Temps de lecture: 2 minutes

Deux jours avant les attentats de Paris, Jan Jambon s’inquiétait déjà de la qualité de la lutte anti-terroriste à Bruxelles. Et pointait comme principal problème la multiplicité des zones de polices et des communes de l’agglomération bruxelloise.

Réalisée deux jours avant les attentats de Paris pour le site d’information anglophone politico.eu, c’est une interview passée quasiment inaperçue dans la presse belge. Jan Jambon (N-VA) y livre pourtant une analyse de la situation de la lutte anti-terroriste à Bruxelles – et des remèdes à y apporter – qui préfigurent clairement sa réaction post-attentats.

Notons d’abord que le ministre de l’Intérieur n’avait aucun problème, avant les attentats de Paris, à admettre que Bruxelles est le « maillon faible » de la lutte contre le terrorisme en Europe. Mais « Bruxelles » correspond ici à l’agglomération bruxelloise et non au gouvernement fédéral ou à la Belgique. Le problème dans la lutte contre le terrorisme est local. Et de pointer le contraste avec la politique de déradicalisation menée par les villes flamandes de Malines ou Vilvoorde. La cause principale du problème selon Jan Jambon ? Les six zones de police et les dix-neuf communes qui se partagent une seule agglomération. Une organisation jugée inefficace.

Si cette interview est intéressante, c’est qu’elle préfigure la réaction de Jambon (et du gouvernement fédéral) à la suite des attentats de Paris : le problème n’est pas global mais limité à quelques communes (principalement Molenbeek) et la solution passe par une plus grande intervention du fédéral. La volonté du ministre de s’occuper « personnellement » du problème de Molenbeek n’apparaît donc pas comme une simple posture post-attentat. S’il s’agit bien d’une attitude particulière pour une commune particulière, celle-ci semble procéder d’une vision d’ensemble pour la sécurité dans l’agglomération bruxelloise.

Ce n’est pas la première fois que le morcellement des pouvoirs bruxellois est pointée du doigt comme source d’inefficacité, que ce soit en matière sécuritaire, économique ou culturelle. La discussion sur le sujet a souvent été « communautarisée » en classant les arguments entre « vision flamandes» et « vision francophone » de Bruxelles. Peut-être que les circonstances dramatiques que nous vivons actuellement permettront de dépasser ce clivage.

L’article complet sur Politico.eu est à lire (en anglais) ici.

Vincent Laborderie

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