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Georges-Louis Bouchez : l’homme qui se prend en selfie sur le Titanic

Crédit : Isopix

23 septembre 2020

Georges-Louis Bouchez : l’homme qui se prend en selfie sur le Titanic

Temps de lecture: 2 minutes

Après près de seize mois, la formation du gouvernement achoppe… sur Georges-Louis Bouchez, le président du MR. Rien de plus facile que de caricaturer ce Roi-Soleil autoproclamé. Sur la moitié des photos où il apparaît, il arbore un regard quelque peu halluciné. Il sème les grenades – politiques – avec la même désinvolture que la mafia de la drogue à Anvers. Il exaspère tout le monde… et il s’en fiche royalement.

Cela dit, ne vous y trompez pas : Georges-Louis Bouchez sait parfaitement ce qu’il fait. Il veut voir le MR détrôner le PS en Wallonie, et bloque par conséquent tous les scénarios présentant un avantage, même minime, pour quiconque sauf lui-même. Il incarne à merveille cet adage selon lequel la politique, c’est la guerre, par d’autres moyens.

Il sera d’ailleurs le premier à souligner que la politique n’est pas un métier de poules mouillées. Que tout cela est de bonne guerre. Et après tout, il a raison – jusqu’à un certain point. Certains décideurs politiques qui ont compté pour ce pays lui rétorqueront cependant qu’on ne fait pas de bonne politique sans confiance et sans un minimum de collégialité. Bien sûr, la politique n’a pas grand-chose en commun avec une veillée autour d’un feu de camp, mais elle ne saurait pas davantage se résumer à un combat sans merci, tous contre tous, jour après jour.

Le temps du « politics as usual » est passé

Le problème fondamental est ailleurs. Ce qui disqualifie Georges-Louis Bouchez aujourd’hui, c’est justement sa conviction de ne rien faire que ce que les politiciens ont toujours fait. Or comme le reste du monde, notre pays traverse une crise sanitaire sans précédent, susceptible de se muer sous peu en une crise économique, elle aussi sans précédent. Et c’est le moment que choisit notre classe politique pour jeter aux orties sa crédibilité, transformant pendant 16 mois la formation du gouvernement en un véritable cirque. Le temps du « politics as usual » est passé.

C’est ce que les autres partis, eux, ont un peu mieux compris. Tant la N-VA, le CD&V, le PS, la SP.A, l’Open VLD que les verts ont pris des risques. On peut leur reprocher bien des choses, mais pas qu’ils n’auraient pas essayé. Aujourd’hui, Bouchez est seul à se prendre en selfie sur le Titanic. Tout cela, parce qu’il est convaincu qu’on lui réservera un canot de sauvetage personnel.

Notre pays a besoin d’une autre approche de la politique. Georges-Louis Bouchez n’est pas un cas particulier : toute la classe politique belge a en elle quelque chose de Bouchez. Il est l’émanation ultime de la particratie, un animal politique qui ne voit d’autre d’intérêt que celui de son parti et de son ego.

Quoi que l’avenir nous réserve (la reprise des négociations, une nouvelle combinaison politique, des élections), nous devrons nous débarrasser de ce type de politique si nous voulons arriver à quelque chose.
Sinon, le moment sera venu de faire nos prières.

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