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Entre Greta et la Belgique de Michel, qui des deux est le moins pitoyable ?

(cc) Anders Hellberg via Wikipedia

26 septembre 2019

Entre Greta et la Belgique de Michel, qui des deux est le moins pitoyable ?

Temps de lecture: 2 minutes
Traducteur Sebastien Cano

C’était la dernière fois que Charles Michel s’adressait à l’ONU en tant que Premier ministre belge. Hormis Donald Trump, plus intéressé par la liberté religieuse, et Boris Johnson, venu vendre son Brexit, tout le monde a compris que le principal point à l’ordre du jour, c’était le climat. Notre Premier ministre sortant a affirmé solennellement que la Belgique devait doubler sa contribution au Fonds vert pour le climat. Un « engagement concret » pour aider les pays en développement à réduire leurs émissions. Bon nombre d’entre eux se trouvent en Afrique.

Toutes les études scientifiques indiquent que le réchauffement de la planète entraînera un exode de ce continent en raison de l’intensification des sécheresses. Pour aller où ? En Europe. C’est la principale raison pour laquelle l’Allemagne a décidé de doubler sa contribution, la portant à 4 milliards, et la France à 3,5 milliards. Charles Michel a suivi ces modèles. Voilà donc que nous passons de 10 à 20… millions.  Un montant qui représente une goutte d’eau jetée sur une plaque chauffée à blanc.

Mais il y a un autre problème. Un gouvernement en affaires courantes ne peut pas dépenser comme bon lui semble des fonds qui n’ont pas encore été affectés. C’est en revanche le cas du Parlement, même si la N-VA n’est pas très emballée à l’idée de s’embarquer dans cette histoire. Le geste de Charles Michel semble avant tout être un symbole qui intervient au terme d’un mandat raté. D’ici la fin de l’année, la Belgique doit présenter à l’UE un plan énergie et climat visant à réduire les émissions de CO2 de 35 % à l’horizon 2030. La première ébauche n’était déjà pas à la hauteur et il n’y aura pas de gouvernement pour élaborer un plan digne de ce nom.

Entre temps, le débat qui fait rage porte surtout sur la question de savoir si Greta Thunberg, la jeune militante pour le climat suédoise, ne fait pas plus de mal que de bien à ce dossier avec ses sorties trop empreintes d’émotion. Elle est surexposée et devient de ce fait une cible facile pour les critiques. Mais elle est nettement moins pitoyable qu’un pays dont le Premier ministre débourse pour la bonne cause de la menue monnaie qu’il ne possède même pas. Un pays dont les projets d’avenir du plus grand parti flamand se fondent avant tout sur le maintien en activité de centrales nucléaires obsolètes. Cette question vaut réellement la peine d’avoir des débats de fond.

Contrairement au fait de savoir si une jeune fille qui a encore toute la vie devant elle doit ou non verser des larmes de colère à cause d’un manque de vision d’avenir.

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