Ce que les critiques de Jan Peumans nous apprennent sur la N-VA

3 juillet 2018 | Auteur : | Traducteur : Sebastien Cano | Temps de lecture : 2 minutes

Ce ne serait pas la première fois qu’un prodige est propulsé à la présidence pour ensuite mener son parti à sa perte. Ceux qui conspuent Jan Peumans devraient donc faire preuve de discernement.

L’interview de Jan Peumans dans notre édition du week-end a provoqué une déflagration en Flandre. Dans nos colonnes, il estime que son collègue Theo Francken n’est pas l’homme qu’il faut pour diriger la N-VA si Bart De Wever en quitte la présidence l’année prochaine, après 15 ans (!) à sa tête. Le président du Parlement flamand ajoute que le fait que le parti fasse pencher son cœur de métier — le communautaire — trop à gauche irrite nombre d’anciens de la Volksunie. Deux jours après ce séisme parti de Riemst, quels enseignements peut-on tirer au sujet de la N-VA ?

Theo Francken, un homme agréable

Premièrement, Theo Francken est un homme dont la compagnie est tout à fait agréable ; un responsable politique qui a une ligne claire et maîtrise parfaitement ses dossiers. Jan Peumans n’a critiqué ni la personnalité, ni les compétences, ni l’orientation de l’homme politique le plus apprécié de Flandre. Il n’a fait que fustiger ses mots très durs sur l’asile et l’immigration. Car y il voit la raison du déclin de la N-VA dans les derniers sondages.

Anti-establishment ?

Deuxièmement, à travers ses critiques du communautaire, Jan Peumans soulève un douloureux dilemme. Après les élections nationales de 2019, le parti osera-t-il prolonger de cinq années supplémentaires l’immobilisme au sujet du communautaire ? Dans l’affirmative, cela signifie-t-il que le parti anti-establishment à la ligne pragmatique est devenu un parti de pouvoir belge traditionnel ?

Immaturité face à la critique

Troisièmement, alors qu’en temps normal, la N-VA vocifère quotidiennement sur Twitter, on ne l’a pas entendue le week-end passé. Hormis quelques réactions aigries de la part d’une poignée de disciples radicaux, les dirigeants du parti n’ont pas pipé. Seul Francken lui-même s’est exprimé sur VTM, expliquant qu’il ne souhaitait pas entrer publiquement dans une lutte fratricide telle que celle qui avait conduit à la chute de la Volksunie en 2001. Cette stratégie du silence médiatique peut révéler deux choses : Jan Peumans a bel et bien touché une corde sensible, et en tant que jeune parti ayant connu une croissance fulgurante, la N-VA fait preuve d’immaturité face à la critique.

Les présidents de parti, les plus puissants du pays

Quatrièmement, outre le Premier ministre, les présidents de parti sont les responsables politiques les plus puissants du pays. Ce sont eux qui définissent les orientations stratégiques, mènent les négociations, concluent les accords et désignent les ministres. Guy Verhofstadt (Open Vld), Steve Stevaert (sp.a), Yves Leterme (CD&V) et Bart De Wever (N-VA) ont permis l’essor de leur parti. D’autres l’ont mis en déroute. Que l’on songe à Stefaan De Clerck, qui a conduit le CD&V à la défaite électorale. Idem pour Caroline Gennez (sp.a). Et si Bart Somers (Open Vld) a été le meilleur bourgmestre au monde, son bilan en tant que président de parti est bien peu reluisant. Présider un parti est donc un métier pas comme les autres. Avec ses critiques, Jan Peumans rend peut-être service au sien : ce ne serait pas la première fois qu’un prodige est propulsé à la présidence pour ensuite mener le parti à sa perte. Ceux qui conspuent Jan Peumans devraient donc faire preuve de discernement. Car la prospérité fait abonder les amis ; l’adversité les jauge et les passe au tamis.

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Traducteur : Sebastien Cano
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Date de publication : 02/07/2018
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