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Bart, Theo et Donald, même frustration, même vengeance ?

(cc) gregroose via Pixabay

10 novembre 2020

Bart, Theo et Donald, même frustration, même vengeance ?

Temps de lecture: 2 minutes
Auteur
Traducteur Sebastien Cano

Oubliés, les bafouillages et l’apparente fragilité de la campagne de Joe Biden. Alors que Donald Trump s’enfonce dans le bourbier qu’il a lui-même créé à la Maison Blanche, le président élu, qui fêtera ses 78 ans le 20 novembre, a su tirer une énergie inattendue de son élection. À travers un discours parfaitement dosé, Joe Biden a marqué avec force l’inauguration de l’ère post-Trump. « Cette sombre ère de diabolisation doit se terminer ici », a-t-il lancé. « Il est temps de mettre de côté la rhétorique dure, de se regarder et de s’écouter à nouveau. »

Cocktail explosif

Son appel a-t-il des chances d’aboutir ? Cette question a toute son importance de ce côté de l’Atlantique. Dans les colonnes du Tijd, Bart De Wever formule les choses ainsi : « Dans tout le monde occidental, les systèmes et les politiques traditionnels sont rejetés par des pans entiers de la population, ce qui, partout, crée une atmosphère particulièrement hostile dans le débat public. On le voit très bien aux États-Unis, parce que les Américains sont démonstratifs, mais le même fossé se creuse chez nous. Si l’on ajoute à cela une baisse de la qualité de vie en raison d’une crise économique brutale et du terrorisme islamiste, le cocktail pourrait devenir d’autant plus explosif au cours des prochaines années. » L’article mentionne aussi Theo Francken, qui maintient que Trump aurait gagné sans la crise du coronavirus et qualifie le gouvernement Vivaldi, tout comme la victoire de Biden, d’« accident de parcours » [en français dans le texte, NdT]. Il ajoute qu’en jouant sur ces émotions extrêmement vives, notamment la vengeance, la N-VA pourra à nouveau s’emparer du pouvoir.

Perdants puis gagnants ?

Un tableau pour le moins sinistre. Si Theo Francken a ensuite précisé, sur Twitter, que le Tijd n’avait fait que résumer un long entretien par SMS, la teneur de son discours est claire : ce fossé perdurera et les perdants d’aujourd’hui voudront tout simplement être les gagnants de demain.

Sur le plan intérieur, on peut comprendre la frustration de la N-VA face à un gouvernement dont la formation prend le contrepied du résultat des élections. Mais cette vision sombre d’une société profondément divisée, irréconciliable, demeure. Est-ce là le scénario qui continuera de s’imposer, pendant longtemps, à notre pays ainsi qu’à d’autres démocraties occidentales ? La mission de Biden est-elle désespérée ? Allons-nous à nouveau attendre de voir si, à la prochaine échéance, un nouveau Trump (ou l’original) reprendra le dessus ? Biden a recueilli 74 millions de voix, un record absolu. Mais malgré ses sempiternels mensonges, son style tyrannique, son populisme crasse, son ego surdimensionné et ses combines permanentes, Trump a remporté les suffrages de 71 millions d’électeurs. Le vieil homme du Delaware fait face à un défi immense. Et dans nos contrées, qui parviendra à apaiser les pans hostiles de la population ?

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