DaarDaar

Le meilleur de la presse
flamande en français

Aussitôt Bachar al-Assad tombé, le Vlaams Belang demande le départ des réfugiés
11·12·24

Aussitôt Bachar al-Assad tombé, le Vlaams Belang demande le départ des réfugiés

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

(c) Unsplash

Bart Eeckhout
Auteur
Guilhem Lejeune
Traducteur Guilhem Lejeune

« Allez, ciao ciao, bon vent ! » Voilà les mots choisis par Tom Van Grieken, président du Vlaams Belang, pour réagir sur X au sentiment de soulagement éprouvé par les réfugiés syriens face au renversement de Bachar al-Assad. Au cas où le message ne serait pas assez clair, il y ajoute un emoji avion. Le dirigeant du deuxième parti de Flandre n’aura donc même pas attendu 48 heures après la chute du dictateur pour faire savoir que les réfugiés qui avaient fui ses exactions doivent désormais débarrasser le plancher.

Seuls les naïfs croient encore que le combat politique peut être mené avec classe. On aurait tout de même pu espérer que les choses se fassent encore avec un minimum d’humanité et de civilité. Mais non : c’est avec une facilité toute naturelle que Tom Van Grieken — l’homme qui a jeté des saucisses de porc sur des enfants musulmans et du papier toilette sur des demandeurs d’asile — se permet de tomber si bas.

Le Vlaams Belang serait peut-être bien inspiré de faire profil bas au sujet de la Syrie. Car au-delà de la question strictement humanitaire, quelle est réellement l’opinion de ce parti sur ce dossier ? Si l’on pose la question à Filip Dewinter, chef de file du mouvement à Anvers, il déplorera dans la chute d’al-Assad la perte d’un allié politique. Le président du Vlaams Belang, pour sa part, considère au contraire que les conditions sont désormais remplies pour que les nombreux réfugiés puissent rentrer dans leur pays rapidement et en toute sécurité. Il faudrait savoir.

Filip Dewinter et sa coterie habituelle se sont encore rendus au palais d’al-Assad, à Damas, en 2017 — alors que le dictateur était déjà considéré comme le plus grand criminel de guerre de ce siècle. La guerre civile qui a déchiré le pays, au cours de laquelle Bachar al-Assad a gazé sa propre population sans vergogne, a tué un demi-million de personnes. Les images écœurantes qui nous parviennent de Damas révèlent les chambres de torture et les oubliettes dans lesquelles le dictateur a fait enfermer et massacrer des milliers d’opposants.

À relire

«Moins d’immigration, plus de Flandre»: pourquoi le programme du Belang est irréaliste

Tout cela n’a jamais posé problème au Vlaams Belang. De la même façon, le parti n’a jamais semblé gêné de se retrouver soudainement, en tant qu’allié politique du régime d’al-Assad, du même côté que l’Iran et son axe de résistance fondamentaliste — axe au sein duquel la Syrie a toujours occupé une position centrale.

L’avenir des Syriens, à présent que le dictateur meurtrier a été chassé du pouvoir, reste incertain. On peut espérer que la situation s’améliorera, mais l’histoire nous contraint à plus de réalisme. Il est rare qu’à la guerre civile et à la dictature succèdent sans heurts la paix et l’état de droit. Comme le dit Rudi Vranckx, « c’est dans le chaos que surgissent les monstres »…

S’empresser, malgré ces incertitudes, de brandir des images d’avion sous le nez de personnes qui ont un jour fui le régime de Bachar al-Assad, c’est donc faire preuve de manque d’humanité. Mais ce qui est le plus frappant, ce n’est pas que l’extrême droite soit incapable de considérer les réfugiés comme ses semblables. Avec à peine plus de retenue, le porte-parole de la N-VA chargé des questions d’asile, Theo Francken, préconise d’ores et déjà une révision du statut de réfugié. De son côté, la secrétaire d’État Nicole de Moor (CD&V) estime qu’il est encore « trop tôt », mais envisage, elle aussi, un réexamen.

Une fois de plus, on constate que ce sont toujours les mêmes, malgré toute leur vulgarité et leur immoralité, qui donnent le ton dans les débats sur l’asile.

À relire

Problématique des migrants : informer plutôt qu’enfermer

Partager :
© DaarDaar ASBL 2021 - Mentions légales - Vie Privée

Si vous versez minimum 40€ en un an, vos dons seront déductibles fiscalement à hauteur de 30%.

Vous avez aimé cet article ? Alors soutenez-nous en devenant Amis de DaarDaar ! 

 

Nous voulons rester accessibles à tout le monde. Mais les traductions de qualité, ça a un coût.

Close the CTA
DaarDaar
Aperçu de la protection de la vie privée

Ce site Web utilise des cookies afin de vous offrir la meilleure expérience utilisateur possible. Les cookies sont stockés dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre quelles sections du site Web vous trouvez les plus intéressantes et les plus utiles.Vous pouvez ajuster tous vos paramètres de cookies en naviguant dans les onglets sur le côté gauche.