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Afghanistan : éviter à tout prix un scénario à la rwandaise
20·08·21

Afghanistan : éviter à tout prix un scénario à la rwandaise

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

(cc) Pixabay

Si tout se déroule comme prévu, les premières évacuations belges de la capitale afghane, Kaboul, auront lieu ce vendredi. En tout et pour tout, nos diplomates établis au Pakistan auront donc disposé de seulement 24 heures pour atteindre au moins 470 personnes pouvant prendre place dans ces vols, parmi lesquelles une centaine de ressortissants belges avec leurs familles afghanes. Une véritable course contre-la-montre pour nos militaires.

L’opération « Red Kite » a commencé sous de mauvais auspices. Et à l’heure qu’il est, l’aéroport de Kaboul baigne encore dans le chaos. Les Américains ont la main sur le tarmac et les tours de contrôle, mais les talibans tiennent les rênes de l’accès extérieur par le biais de milices qui sévissent brutalement aux check-points. Un billet de sortie accordé par les talibans reste le meilleur moyen de s’extirper du bourbier, mais n’est pas gage de réussite en pratique.

Pour l’instant, les Occidentaux passent encore entre les mailles du filet, tandis que les Afghans sont, eux, violemment éconduits.

Qu’arrivera-t-il si un Afghan ayant la double nationalité tente de passer avec sa famille ? Les scènes d’hier, où certaines personnes ont été battues à sang, laissent d’ores et déjà craindre le pire. Et que se passera-t-il si les talibans apprennent qu’un citoyen est évacué parce qu’il a travaillé en tant qu’interprète pour l’armée belge ? Ou si une activiste pour les droits des femmes est identifiée ?

Pensons au Rwanda

Quoi qu’il en soit, la Belgique se doit de faire tout ce qui est en son pouvoir pour évacuer les gens sur place. Non seulement en raison de son propre passé récent en Afghanistan, mais aussi pour éviter à tout prix un bis repetita des événements tragiques qui ont eu lieu durant le génocide au Rwanda en 1994. À l’époque, les officiers belges avaient reçu l’ordre de quitter l’école Don Bosco, à Kigali. Ils ont dû se rendre à l’aéroport pour évacuer quelques Belges, laissant derrière eux 2.000 Rwandais qui ont été immédiatement massacrés par des milices après leur départ.

À présent, les militaires belges doivent donc intervenir en ratissant le plus large possible. Ils doivent s’équiper de matériel de pointe, car personne ne voudrait mettre leur sécurité en péril. À nouveau, pensons au Rwanda et aux dix para commandos assassinés en 1994.

Le déplacement de populations vers d’autres endroits de la ville ou du pays n’est pas à l’ordre du jour, car empreint de risques. Il n’empêche qu’il convient de garder cette option dans un coin de la tête. Si les Américains peuvent cueillir des diplomates en poste dans des ambassades en hélicoptère, il ne doit pas être impossible d’établir un pont aérien pour procéder à des évacuations.

En cas d’échec, nous devons envisager des alternatives, telles que des issues de secours vers les pays limitrophes. Outre nos compatriotes à Kaboul, ajoutons nos collaborateurs afghans dans des villes de province telles que Kondoz, Kandahar et Mazâr-é Charîf, qui ont sans nul doute besoin d’aide. La Belgique a compté sur eux lorsque nos militaires étaient opérationnels sur les lieux. Maintenant, ce sont eux qui comptent sur nous.

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