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Vaccination contre le Covid : un problème nommé « Bruxelles »
24·08·21

Vaccination contre le Covid : un problème nommé « Bruxelles »

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

(cc) Pixabay

Noel Slangen
Auteur
Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

Un poisson nage-t-il plus vite en Flandre qu’en Wallonie ? C’est par ce slogan pour le moins étrange que les autorités fédérales avaient lancé, dans les années 1990, la quatrième réforme de l’État. S’il s’agit d’un poisson qui se rend au centre de vaccination, on pourrait peut-être répondre à la question par l’affirmative. En effet, c’est surtout à la Flandre que la Belgique doit sa place sur le podium mondial des vaccinés. Dans le nord du pays, pas moins de 88 % des personnes majeures sont intégralement vaccinées. La Wallonie, avec ses 77 %, ne s’en sort pas mal non plus, mais Bruxelles, avec ses 60 %, demeure l’enfant à problèmes du pays.

Maintenant que les résultats divergent en fonction des régions, c’en est manifestement fini du fédéralisme dit « de coopération », qui allait permettre aux régions et à l’État fédéral de lutter de concert contre le virus. Le moment semble venu, pour les régions, d’emprunter chacune son propre chemin. De même que les vaccinés ne veulent plus subir les mesures prévues pour les antivax, la Flandre et la Wallonie ne doivent plus casquer pour les problèmes de vaccination à Bruxelles. La Flandre, forte de ses bons résultats, veut accélérer la cadence des assouplissements. Le problème, c’est qu’il n’y a pas de mur autour de Bruxelles. Le faible taux de vaccination bruxellois constitue donc une épine dans le pied de tous les dirigeants du pays.

Bien entendu, la faiblesse du sud du pays et de Bruxelles apporte de l’eau au moulin de ceux qui estiment que la Belgique a fait son temps. Mais la crise sanitaire nous a aussi appris qu’une pandémie, ça se règle à une échelle plus large. En effet, il est absurde de prendre des mesures qui deviennent plus souples ou plus strictes après un quart d’heure de route. Si Bruxelles nous apprend quelque chose, c’est bien que les Belges d’origine étrangère nourrissent une grande méfiance envers les autorités, et que le politique ne parvient pas à établir une connexion réelle avec cette partie de notre population. C’est le défi de l’avenir. De plus en plus isolés, ils n’entendent pas les arguments auxquels d’autres ont accès et suivent l’actualité depuis leurs pays d’origine, qui, par manque de vaccins, ne parlent quasiment pas de la vaccination.

Il est facile de pointer du doigt la politique bruxelloise, mais les armes dont elle dispose ne suffisent pas à faire monter significativement le taux de vaccination. Les derniers pourcents sont les plus difficiles, et pour les acquérir, il faut, d’une part, que les vaccinés jouissent de suffisamment d’avantages et, d’autre part, que les non-vaccinés subissent les conséquences négatives de leur choix. Nul ne voyage en Afrique sans s’être fait vacciner au préalable contre la fièvre jaune. Pourquoi ne pas demander une garantie similaire à ceux qui quittent notre pays ? Essayez de commander un café en terrasse en Autriche sans certificat de vaccination, de test ou de rétablissement : on vous flanquera à la porte sans hésitation. La France entend introduire des mesures du même genre. Pourquoi notre gouvernement fédéral hésite-t-il à faire de même ? La liberté du non-vacciné s’arrête là où elle nuit à celle du vacciné.

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