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17 janvier 2019

Recruter de la main d’œuvre à l’étranger : le monde à l’envers

Temps de lecture: 2 minutes
Traducteur Sebastien Cano

Chez Proximus, près de deux mille emplois sont menacés et, en parallèle, l’entreprise recherche urgemment plus d’un millier de nouveaux profils techniques. Selon un analyste de Terzake, il faudra aller les chercher en Afrique.

Quelques jours plus tard, le Voka, réseau d’entreprises flamand, annonçait travailler, aux côtés du VDAB (Office flamand de l’emploi), à un projet consistant à trouver des informaticiens au Maroc. C’est donc l’histoire qui se répète : il y a cinquante ans, la Belgique avait déjà fait venir de la main-d’œuvre de Turquie et du Maroc.

Mais la différence est de taille, puisque dans les années soixante, la pénurie était réelle, tandis qu’à l’heure actuelle, on dénombre pas moins de 88 000 demandeurs d’emploi rien qu’à Bruxelles. Ironie du sort : nombre d’entre eux sont d’origine marocaine.

C’est le monde à l’envers. Les rapports révèlent un point sensible de la situation socioéconomique de notre pays : la formation et l’enseignement ont échoué lamentablement. Pourquoi le Maroc et, par extension, le reste de l’Afrique, peuvent-ils fournir les profils adéquats, mais pas la Belgique ?

Citons une source au-dessus de tout soupçon. Récemment, le ministre francophone Didier Gosuin (DéFI) a fait la déclaration suivante à un journal : « Il faut arrêter ce robinet annuel de non qualifiés venant de l’enseignement obligatoire. C’est inacceptable que trois mille jeunes sortent de l’obligation scolaire sans qualification. »

Il existe bien sûr des initiatives visant à préparer les élèves à un marché du travail technologisé : les formations STEM, en Flandre et à Bruxelles, MolenGeek ou encore CoderDojo. Mais manifestement, elles ne suffisent pas.

Dans un entretien avec la direction du VDAB et d’Actiris (en coopération avec l’association Tracé Brussel), à lire dans le magazine BRUZZ, un autre problème apparaît, qui ébranle sérieusement la politique belge du marché du travail : l’activation des demandeurs d’emploi dépend plus que jamais des régions. Et on a désormais compris qu’Actiris et le VDAB ont tout intérêt à collaborer. La périphérie bruxelloise (VDAB) manque cruellement de main-d’œuvre, tandis que Bruxelles doit aider nombre de chômeurs à trouver un nouvel emploi.

Si la collaboration existe déjà, le VDAB estime que l’efficacité de l’activation peut encore être renforcée. Les demandeurs d’emploi bruxellois se voient déjà offrir des postes en Flandre, mais trop souvent sur une base volontaire. En d’autres termes, l’activation au-delà des frontières régionales (avec une certaine forme d’obligation) est un domaine dont on peut encore grandement tirer parti.

Voilà donc d’ores et déjà un conseil pour les prochains gouvernements flamand et bruxellois. Les deux régions pourront ainsi bénéficier d’un coup de fouet salutaire sans devoir se tourner vers l’étranger pour trouver de la main-d’œuvre. Car on marche déjà sur la tête !

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