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Meurtre à l’insuline, négligence… la sécurité en maison de repos est calamiteuse en Flandre
22·09·22

Meurtre à l’insuline, négligence… la sécurité en maison de repos est calamiteuse en Flandre

Dimitri Antonissen est rédacteur en chef adjoint du quotidien Het Laatste Nieuws.

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

Image par Sabine van Erp de Pixabay

Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

Dans les maisons de repos flamandes, la sécurité est tellement bordélique qu’il est difficile de choisir ce qui nous indigne le plus. Bien entendu, nous avons déjà eu droit aux ahurissants « meurtres à l’insuline » révélés par Het Laatste Nieuws. Il y a de quoi se demander si d’autres affaires du même genre n’ont pas eu lieu. Eh bien, mardi, nous avons appris que même la ministre du Bien-être, Hilde Crevits (CD&V), n’en a pas la moindre idée. La communication des tribunaux concernant ces dossiers s’avère totalement abominable. Puis, on apprend que la moitié des maisons de repos sont coupables de négligence en matière de médication.

Se sentir en sécurité, c’est la moindre des choses dans une maison de soins. Mais malheureusement, même la moindre des choses n’y est pas assurée.

Il faut reconnaître à Mme Crevits un mérite : elle, au moins, ne garde pas la tête dans le sable, comme l’ont longtemps fait ses prédécesseurs. Mardi, elle a révélé elle-même de nouveaux faits. Outre les trois meurtres et les six tentatives de meurtre dans la maison de retraite d’Oostrozebeke (Flandre occidentale), ainsi que la tentative de meurtre dans une résidence à Hasselt, d’autres faits suspects semblent avoir été commis dans des maisons de repos flamandes. Dans au moins l’un des deux cas, on parlerait à nouveau d’un « décès par insuline ».

Problème : ces informations s’avèrent, comme l’a découvert Het Laatste Nieuws, à nouveau dépassées. De manière très maladroite, certes, la ministre Crevits démontre ce qu’elle avait déjà fait comprendre par le passé : les tribunaux ne communiquent qu’au compte-gouttes les informations relatives aux enquêtes sur les maisons de repos. En ce qui concerne les meurtres à Oostrozebeke, elle a dû apprendre les faits par la voie des médias. De même, c’est une fois de plus grâce à notre application qu’elle a appris que les nouvelles enquêtes étaient déjà quasiment bouclées. Lorsque la communication se révèle à ce point difficile, il est presque impossible pour une ministre et pour son administration de réagir en cas de problème.

« Beaucoup de blabla, peu de réponses claires »

Tout cela s’ajoute aux chiffres alarmants rapportés par le parti Vooruit : les pratiques de la moitié des maisons de repos en matière de médication sont sérieusement défaillantes. La ministre ne le nie pas non plus : les résultats d’une étude menée par ses propres services vont dans le même sens. Cette gestion calamiteuse de la médication a des effets désastreux : des personnes malintentionnées peuvent facilement agir sans se faire remarquer, mais de surcroît, et c’est tout aussi dramatique, ces défaillances engendrent un nombre affolant d’erreurs involontaires. Le rôle de la ministre est non seulement de pointer les faits, mais aussi d’élaborer des solutions. La sécurité des résidents des maisons de repos doit être garantie.

« Mêlons-nous de ce qu’il se passe dans la maison de repos de maman ou de papy. Comme nous le faisons pour l’école de nos enfants. »

Quant à notre rôle de citoyens, mais surtout de filles, fils ou petits-enfants, c’est de prendre les choses en mains. Depuis peu, tous les rapports d’inspection des maisons de repos sont disponibles sur le site des services d’inspection. Lisons-les, interrogeons les directions et n’hésitons pas à faire des démarches supplémentaires lorsque cela s’avère nécessaire. Un peu comme nous le faisons pour nos enfants, pour qui nous voulons l’école offrant la meilleure protection et le meilleur apprentissage. Mêlons-nous de ce qu’il se passe dans les maisons de repos.

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