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Malgré la crise, acheter une maison reste un excellent investissement
17·05·22

Malgré la crise, acheter une maison reste un excellent investissement

Yves Lambrix est journaliste politique pour le quotidien Het Belang van Limburg.

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

Photo by Tierra Mallorca on Unsplash

Yves Lambrix
Auteur
Guillaume Deneufbourg
Traducteur⸱trice Guillaume Deneufbourg

Dans sept semaines commenceront les vacances d’été. 65 000 jeunes passeront à cette occasion les grilles de leur école pour la toute dernière fois et chercheront, pour la plupart, un premier emploi. Ils le feront sans grande pression : avec quelque 135 000 postes annoncés vacants, les grandes entreprises, les PME et les indépendants aspirent que plus jamais à trouver du personnel qualifié.

Pour ces jeunes adultes, la recherche d’une habitation s’annonce plus ardue. Le marché de l’immobilier est en surchauffe depuis des années et les prix des maisons et des appartements continuent de grimper. En outre, le bonus-logement a été supprimé début 2020 en Région flamande, privant les acheteurs d’un abattement fiscal annuel potentiel de 3120 EUR.

La mesure était toutefois compensée par une diminution des droits d’enregistrement, jusqu’à 3% du prix d’achat de sa première maison et, surtout, par des taux hypothécaires tombés au plus bas, parfois sous la barre du point de pourcentage. L’acquisition de son nid douillet n’avait donc rien d’une mission impossible.

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Hélas cette époque semble être révolue et les taux sont entre-temps remontés à leur niveau le plus haut depuis 2015. Les candidats-acheteurs désireux d’emprunter 200.000 EUR à taux d’intérêt fixe paieront aujourd’hui deux fois plus d’intérêts qu’un an plus tôt. Sur une durée de remboursement de vingt ans, ils devront donc débourser 25.000 EUR de plus. 32.000 EUR s’ils optent pour vingt-cinq ans.

Le pire, c’est que les économistes prévoient pour les prochains mois une augmentation moyenne supplémentaire d’un demi-point de pourcentage. Et comme si cela ne suffisait pas, la pandémie et la guerre en Ukraine se sont invitées dans l’équation : les prix du transport et des matériaux battent tous les records, ce qui a un effet considérable sur le secteur de la construction, qu’il s’agisse de nouvelles habitations ou de travaux de transformation.

« L’histoire semble se répéter, même si c’est – pour l’heure – encore en mode mineur. »

Nul ne l’ignore, nous traversons des temps incertains. Mais n’oublions tout de même pas que les taux d’intérêt – qui tournent autour des 2,4% – sont encore à un niveau relativement bas. En combinaison à l’inflation galopante de 8% et aux augmentations salariales qui en découlent grâce à l’indexation, l’acquisition d’une nouvelle maison reste aujourd’hui un excellent investissement, même pour les jeunes. Que les sceptiques posent donc la question à leurs parents, qui ont acheté leur maison à la fin des années 1980 ou au début des années 1990, lorsque les taux dépassaient allégrement les 10%.

On notera que cette période était, elle aussi, rongée par l’incertitude économique et politique, que ce soit en raison du Mur de Berlin ou de la reconstruction économique des anciens États du bloc de l’Est. L’histoire semble donc se répéter, même si c’est – pour l’heure – encore en mode mineur.

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