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L’union ? Quelle union ?

(c) pixabay

8 avril 2016

L’union ? Quelle union ?

Mercredi dernier, le Premier ministre Charles Michel et le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort ont convoqué la presse internationale pour redorer le blason de la Belgique, très critiquée pour sa gestion de la crise terroriste.

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« L’union fait la force ». Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort a ressorti une nouvelle fois la vieille devise belge de 1830.  Il y avait longtemps qu’un politicien n’avait plus utilisé ce symbole. Ou plutôt abusé de ce symbole, pourrait-on sans doute dire dans le cas présent.

C’est ce qu’il a répondu à la presse mondiale lors d’une conférence de presse menée conjointement avec le Premier ministre Charles Michel sur la situation à Bruxelles depuis les attentats. Les journalistes étrangers se sont ensuite montrés très intéressés par nos structures étatiques. Un pays qui compte 6 gouvernements et 50 ministres, une capitale divisée en 6 zones de polices et 19 communes, comment est-il possible que cela fonctionne ? « Ne vous focalisez pas sur ces structures », ont répondu nos deux ambassadeurs. « L’essentiel c’est d’avoir une bonne collaboration.  Et cette collaboration est indépendante des structures. »

Vervoort et Michel ont raison sur un point : la collaboration est plus importante que les structures. Plus encore, c’est là le problème fondamental de Bruxelles. La complexité des structures pourrait parfaitement s’effacer devant une collaboration efficace. Mais cette collaboration n’existe pas, bien au contraire. La gestion de notre capitale est une histoire politique de méfiance, d’oppositions et de concurrence.   En matière de sécurité, par exemple, les bourgmestres francophones s’opposent au ministre N-VA compétent Jan Jambon. En matière de mobilité, les Bruxellois se heurtent à la Région flamande. Et sur des compétences aussi cruciales que l’emploi et l’enseignement, le dialogue entre néerlandophones et francophones est rompu depuis des années.

Résultat ? Une ville où des milliers d’écoliers ne sont inscrits dans aucune école, des quartiers où le chômage des jeunes atteint près de 50 %, et deux tunnels en décrépitude fermés pour des mois.  Sans parler de la protection que la population a accordée au terroriste Salah Abdeslam.

Les structures ne peuvent à elles seules expliquer cette situation dramatique. Celle-ci découle plutôt d’un manque de confiance et de collaboration.

En 1830, « l’union fait la force » faisait référence à l’union des neuf provinces et à la collaboration unique entre libéraux et catholiques dans notre pays. Transposer aujourd’hui cette devise à Bruxelles, c’est le monde à l’envers.

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