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Le coronavirus a aussi des avantages…

Image de Ashutosh Goyal via Pixabay

28 février 2020

Le coronavirus a aussi des avantages…

Temps de lecture: 2 minutes

Le coronavirus a bien un avantage : il permet de mettre en lumière le niveau d’organisation d’un pays. On peut partir du principe que tout est en ordre, mais ce n’est que lorsque le virus se propagera en Belgique que nous en aurons le cœur net. Et il ne faudra pas attendre bien longtemps —une question de jours, selon les experts.

La semaine dernière, l’État avait déjà perdu la trace de huit Belges de retour d’une croisière en Asie. Normalement, les autorités sanitaires auraient dû les cueillir sur le tarmac de Zaventem et les placer en quarantaine, comme elles l’avaient fait précédemment avec les personnes en provenance de la ville chinoise de Wuhan.

Mais les choses ont tourné au vinaigre et ce n’est qu’une fois rentrés chez eux qu’ils ont appris qu’ils devaient être isolés. Après avoir été en contact avec la moitié de la population flamande dans le train… En fin de compte, il s’est avéré que la croisière en question ne présentait aucun problème et l’assignation à résidence a été levée.

Il ne s’agit là que d’une histoire drôle, mais qui prouve qu’il n’est pas possible de colmater toutes les brèches et que chaque pays fait des erreurs. En Italie, il a fallu un certain temps — trop — avant que les médecins comprennent qu’un de leurs patients était contaminé.

Le fait que la Belgique compte neuf ministres en charge de la santé, ce qui complique la délimitation des compétences de chacun, ne facilitera pas les choses. Et si cette situation conduit à une erreur, les partisans de la refédéralisation ne manqueront pas de saisir l’occasion pour demander que cette responsabilité soit à nouveau confiée à un seul ministre.

D’ailleurs, l’Open Vld répète à l’envi qu’il en a assez de la fragmentation de cette compétence. Sa présidente sortante, Gwendolyn Rutten, a réaffirmé une ancienne position à ce sujet dans l’émission « Terzake » de lundi. Mais rien que le mot de « réfédéralisation » a suffi pour que la N-VA, partenaire de coalition au gouvernement flamand, se déchaîne sur les réseaux sociaux.

Pourtant, les électeurs sont aussi des patients, c’est-à-dire des personnes qui souhaitent bénéficier des meilleurs soins possible. Lorsque la fièvre se met à monter, les modalités d’organisation importent peu.

Cette crise a un autre avantage : nous verrons à nouveau des responsables politiques qui ne font rien d’autre que contenir les problèmes. Les chamailleries sur la formation du gouvernement fédéral nous ont peut-être fait oublier qu’une gouvernance digne de ce nom est bien plus efficace que le énième épisode d’un mauvais feuilleton dont les téléspectateurs sont toujours plus nombreux à se détourner.

Dans les situations de crise, la politique doit être crédible — et ces querelles puériles minent cette image. Un responsable politique qui appelle au calme doit prêcher d’exemple. Car une fois que la panique s’installera, nous en ferons tous les frais : des rayons vides dans les magasins, un pays paralysé et une économie au point mort.

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